À J-4 du coup d’envoi des votes par bulletin secret en vue de valider l’option de grève, la crise industrielle qui mine le secteur du sucre a fait l’objet d’échanges de haut niveau en ce milieu de semaine : une correspondance des syndicalistes transmise au Premier ministre Navin Ramgoolam, avec copie au leader de l’opposition Paul Bérenger. Cette manoeuvre du Joint Negotiating Panel est synonyme d’une ultime tentative pour parvenir à un « fair and reasonable settlement » dans son bras de fer avec la Mauritius Sugar Producer’s Association.
Dans sa lettre au Premier ministre Navin Ramgoolam et au leader de l’opposition Paul Bérenger, le Joint Negotiating Panel (JNP) présente d’abord un condensé de la situation sur sa guerre ouverte avec le patronat de l’industrie sucrière. « The above events and facts clearly demonstrate that some sugar companies have not accepted the conditions upon which industrial peace was achieved in 2010. They are using colourable devices to undermine the State’s decision and stifle workers work rights and conditions of employment. Sugar Companies have : frontally challenged the State’s decision to refer 20 issues to the National Remuneration Board ; reintroduced through the back door enterprise level negotiations, which both the State and Unions rejected in 2010 ; used colourable devices to illegally refuse to participate in conciliatory mechanism instituted under law to discuss a duly accepted labour dispute », écrit le syndicat. Il énumère ensuite sept contradictions « flagrantes » dans les agissements de la Mauritius Sugar Producers’ Association (MSPA).
Présentant la décision prise à l’unanimité dimanche à l’assemblée spéciale des laboureurs/artisans en faveur d’une grève générale illimitée dans l’industrie sucrière, les syndicalistes font un « last resort proposal » à Navin Ramgoolam en vue d’un juste et raisonnable dénouement. Ce qui devrait mettre fin à la crise actuelle dans l’industrie sucrière. Le JNP propose que l’accord de 2010 – jugé raisonnable et équitable par le Premier ministre, le leader de l’opposition et les syndicats et acceptée tacitement par la MSPA et les compagnies sucrières – soit maintenu. Cette ultime proposition du syndicat implique les conditions suivantes :
• Le retrait du blocus judiciaire de la MSPA contre la révision des 20 questions sur les conditions de travail référées par l’État au National Remuneration Board, la reprise des audiences au NRB et la proclamation des règlements appropriés, avec effet rétroactif à compter de 2011.
• Les négociations de 2013 pour les amendements de la convention collective existante sur la révision générale des conditions de travail doivent se tenir au niveau national (niveau industriel) comme convenu en 2010.
• Si ces deux propositions sont acceptées à la fin du conflit actuel, le JNP est prêt à remettre les deux questions en litige – l’introduction d’un Human Dignity Fund et d’une Pensionable Allowance de Rs 2 000 – à la négociation nationale de 2013.
« We are sure that you will agree with us, that what we are proposing are not the moon and the sky. Our proposal is what was simply sound, reasonable and just in 2010. We rely on your respect to the struggles of past and present generations of labourers and artisans, and your commitment to ensure a fair and equitable reform in the sugar sector », poursuit le JNP.
Les principales têtes pensantes du JNP sont dans l’attente d’une éventuelle rencontre avec le chef du gouvernement. Ils espèrent aussi une intervention de Navin Ramgoolam dans les meilleurs délais, rappelant dans leur lettre que toutes les procédures pour une action démocratique industrielle suivront, comme décidé par les laboureurs et artisans. Et ce, afin de « bring to reason » les entreprises sucrières et la MSPA. Un point de presse du JNP devait par ailleurs avoir lieu en ce début d’après-midi pour faire état de la menace de grève.