L’épreuve de force engagée entre la Mauritius Sugar Producers Association (MSPA) et le Joint Negotiating Panel (JNP) – réunissant les principaux syndicats de l’industrie sucrière –, autour d’un nouveau Collective Agreement, a franchi une nouvelle étape décisive hier. Une assemblée des membres de la Sugar Industry Labourers Union (SILU), de l’Union of Artisans of the Sugar Industry, de l’Agricultural Workers Union (AGWU) et de l’Organisation de l’unité des artisans (OUA) au Centre social Marie Reine de la Paix, a rejeté avec force les propositions du patronat en vue d’une révision salariale. Après avoir pris connaissance des explications des dirigeants syndicaux, les membres ont adopté trois résolutions principales pour confirmer leur position. Dans cette même perspective, le JNP compte transmettre ces résolutions à la MSPA dans les prochains jours tout en sensibilisant la classe politique, dont le Premier ministre, au sujet de la situation dans ce secteur économique.
La principale résolution entérinée par les quelque 1 500 employés de l’industrie sucrière participant à la réunion d’hier porte sur le rejet total de la proposition visant à remettre en question les droits acquis des artisans et des laboureurs. Ils ont apposé un « non » catégorique à l’introduction de la formule 24/7 et du travail le dimanche, à la remise en question de la semaine de 40 heures, à l’inclusion des bonis de présence dans les salaires de base des employés ou encore à l’élimination des facilités de services médicaux sur les propriétés sucrières.
Les syndicats du Joint Negotiating Panel se sont également élevés contre l’approche adoptée par la MSPA à l’effet que les propositions du patronat soient considérées comme une condition sine qua non à toute révision salariale et à toute amélioration des conditions de travail dans ce secteur. Le Joint Negotiating Panel a également dénoncé les membres de la MSPA pour leur non-respect des lois en vigueur, que ce soit au niveau de la Sugar Industry Efficiency Act et de l’Employment Rights Act en ce qui concerne le plafond de 20% pour l’embauche de la main-d’oeuvre saisonnière. Les syndicats exigent que ces dispositions de la loi soient respectées, de même que celles du Collective Agreement en vigueur.
« Dan levantyalite ki MSPA ek so bann manb persiste vyol lalwa, travayer ek syndika rezerv zot drwa pu deklans ninport ki laksyon indistriyel pu defann zot drwa », fait ressortir Ashok Subron, négociateur syndical, qui confirme le démarrage de la campagne de sensibilisation auprès de la classe politique. Entre-temps, la MSPA sera officiellement informée des résolutions de l’assemblée syndicale en vue du démarrage éventuel des négociations dans un mois.
Au cours de son intervention hier, Serge Jauffret – de l’USAI – a fait comprendre à l’assistance que la tactique employée par la MSPA ne constitue nullement en une nouveauté et que « comme par le passé », elle est vouée à « l’échec » face « à la détermination et la solidarité » des employés de l’industrie. « Se ekzakteman seki MSPA ti fer an 1994, 1997 ek 2009, setadir remet an kestyon plizyer drwa an esanz enn logmantasyon saler. An 2009, artizan ek laburer finn bizin menas pu al dan lagrev avan ki MSPA rekile », a fait comprendre Serge Jauffret, qui a mis en garde la MSPA contre cette politique de « chantage ». Askok Subron n’a pas ménagé le patronat sucrier, accusé de vouloir « insulter bann travaye a traver bann kominikater ». Et d’ajouter : « MSPA debaras zot mem de zot mantalite kolon ki panse se zot ki konn tou. Se zot ki intelizan ek lezot dimunn inferyer ek pa konpran nanye. »
Au chapitre des allégations de « non-respect des dispositions de la loi », le négociateur syndical est d’avis que  : « Enn kote MSPA fer sanz lalwa, ek lot kote bann konpanye sikriye vyol lalwa, kouma lalwa lanvironnman, lalwa sezonye 20%, ek vyol Collective Agreement, ine force travayer ena pandan ki enn negosyasyon ine force. Si bann konpanye sikriye kontinye vyol lalwa avek travayer, pa pu kapav res lebra krwaze. »
Les autres intervenants – en l’occurrence Devanand Ramjuttun, de la SILU, Lall Dewnath, de l’AGWU, et le vétéran Auguste Follet, de l’OUA – se sont félicités de la mobilisation des travailleurs du secteur sucrier. « Prezans masif travayer lindistri sikriyer dan lasanble dimans reprezant enn dezave a kanpanyn mansonzer ki MSPA inn amene lor plizyer site travay pandan enn mois. Li finn explike ki listwar inn montre nu ki ena enn sel langaz ki patrona lindistri sikriyer konpran : se lagrev », s’insurge Devenand Ramjuttun.