Alors que le pays commencera à s’ouvrir peu à peu à partir de vendredi, la résurgence de la maladie à Maurice se présente comme une épée de Damoclès au-dessus de la tête du gouvernement. Et pour aider à lutter contre une éventuelle propagation du Covid-19, une application mobile vient d’être créée. « Resi » a déjà été téléchargée plus de 5 000 fois à ce jour.

« Resi » est le nom de cette application mobile lancée récemment par une équipe de développeurs dirigée par Manish Neermul, directeur de Mezia Communications. « Cette application mobile a été créée en deux semaines. L’objectif est de lutter contre la propagation de la maladie une fois que le pays sera de nouveau ouvert », explique le directeur au Mauricien. Pour lui, l’idée de cette application mobile est venue depuis qu’il a remarqué une recrudescence dans le nombre de cas de Covid-19 dans les pays qui ont commencé à assouplir leurs mesures de confinement. « Personne ne voudra que nous commencions à avoir de nouveaux cas. Nous ne savons pas jusqu’à quand nous vivrons avec cette maladie. Cette application mobile est à deux volets. Le premier, c’est de dénoncer en toute confidentialité ceux qui ne respectent pas les consignes de précaution. Et en deuxième lieu, l’application permet aussi de participer volontairement à faire du bien aux autres », dit-il.

Parlant du segment qui permet aux détenteurs de « Resi » de rapporter toute infraction aux nouvelles lois, Manish Neermul explique que si une personne constate que certains sur son lieu de travail ou dans les lieux publics ne respectent pas les règles en vigueur, elle peut les dénoncer. Mais le directeur assure que le nom du dénonciateur ni de la personne qui commet ces délits ne sera pas divulgué. « Le cas sera uniquement rapporté sans que personne ne sache qui a donné l’information. Cette application est un moyen facile pour rapporter des cas », dit-il. Manish Neermul estime que ce segment de cette application est crucial pour éviter que Maurice ait une deuxième vague d’infection. Pour rapporter un cas, les informations exactes doivent être données. Mais cette application, ajoute-t-il, ne permet pas d’envoyer des photos. Une fois les informations obtenues, il avance qu’elles seront envoyées au ministère de la Santé pour qu’un suivi se fasse sur la situation. Sachant que les cas rapportés déferleront une fois que le pays s’ouvre, il dit que son équipe est prête de cette éventualité.
L’autre segment de cette application est le volontariat. Manish Neermul, qui travaille en collaboration avec une équipe de personnes sillonnant le pays pour faire don de produits alimentaires, dit avoir remarqué qu’il y a plusieurs personnes qui veulent aider leur prochain mais qui ne savent pas comment le faire. « Grâce à cette application, la personne peut choisir ce qu’elle veut offrir. Elle peut, par exemple, offrir des masques, aider une personne à aller à l’hôpital ou donner de la nourriture à ceux qui sont pauvres », dit ce jeune professionnel. Ceux qui veulent aider les autres, ajoute-t-il, peuvent donc le faire en choisissant ce segment. Il fait ressortir qu’il prendra contact avec la personne qui veut faire des dons pour la marche à suivre. Pour assurer que les dons reçus sont vraiment distribués aux pauvres, il assure que des photos et des informations seront données pour assurer la transparence. Et d’ajouter espérer que les grandes entreprises puissent aussi contribuer en utilisant cette application pour venir en aide aux gens défavorisés.

Pour assurer que les activités sur cette application soient faites selon les normes régies par la loi, il avance que « Resi » « respecte la Data Protection Act ». Il poursuit : « Aucune information personnelle ne sera stockée. D’ailleurs, nous avons inclus un avertissement pour que le nom de la personne ne soit pas connu. » S’agissant de son téléchargement, Manish Neermul souligne que cette application ne peut pas être téléchargée sur Google Store, mais qu’il faut la télécharger sur le site de « www.resi.live ». Alors que les nouvelles lois seront en vigueur pour que le pays n’enregistre pas d’autres cas de Covid-19, il est d’avis que certaines personnes pourront ignorer les nouvelles lois. Dans un souci d’informer les détenteurs de l’application, il soutient que des informations seront données. « Les gens doivent savoir ce que disent les lois pour que les gens sachent ce qu’ils doivent faire », précise-t-il. Il révèle qu’au moment où cette application était conçue, il ne connaissait rien sur le projet de loi Covid-19.

De plus, il ajoute que des informations locales et internationales sur la pandémie seront mises à jour quotidiennement. Cette application offre aussi l’occasion de savoir quels sont les lieux qui sont à risque. « À travers cette application, on saura quelles sont les régions à éviter », fait-il ressortir. Ces informations, selon lui, seront d’abord vérifiées avant d’être divulguées sur l’application. Alors que l’application « Be Safe Moris » est déjà disponible pour informer le public sur le Covid-19 dans le monde et à Maurice, Manish Neermul soutient que « Resi » est différente, dans la mesure où l’autre application ne permet pas de rapporter des cas ou encore le volontariat. En choisissant le nom « Resi », il aspire à ce que les objectifs de cette application soient une réussite. Après son exercice de marketing, Manish Neermul dit avoir déjà enregistré plus de 5 000 téléchargements. S’agissant des cas rapportés, il en a noté une dizaine. Et concernant les volontaires qui veulent faire des dons, il en a noté une quinzaine.