Rupture, tel est le thème retenu par le comité organisateur syndical de la fête des travailleurs. Jack Bizlall en exposait les grandes lignes, hier à mi-journée, au siège de la FTU à Port-Louis. Comme à l’accoutumé, ce sera la place des taxis à Beau-Bassin qui accueillera l’événement.
Le contexte social et politique marque la « nécessité d’une rupture ». Jack Bizlall fustige le « modèle de société » proposé par les principaux blocs « de droite ». Aucune solution de fond n’est articulée, selon ce dernier. Et de faire allusion au discours de départ de l’ex-président sir Anerood Jugnauth, une allocution qui traduit, dit-il, une incapacité « symptomatique » à évoluer « au delà du néo-libéralisme ». « Ki fer Bérenger ek SAJ pa prezan pou diskour program ? Parski de tout fason, zot pena narnie pou dir… » disait-il à mi-journée, hier, au siège de la FTU, à Port-Louis. Jack Bizlall est le principal porte-parole du comité organisateur de la fête des travailleurs organisée à la place des taxis à Beau-Bassin. L’organisation comporte les fédérations et partis suivants : FTU, FPU, GWF, Rezistans ek Alternativ et Mouvman Premie Me.
Jack Bizlall évoque les quatre axes de « rupture » : 1) quand la limite de l’acceptation ou la soumission a été atteinte, 2) quand les conditions matérielles ont atteint des contradictions insurmontables, 3) quand la conscience des forces de changement rassemblées veut faire évoluer la politique vers une étape supérieure et 4) quand les forces sociales s’organisent et passent à l’action. Or, selon le syndicaliste, les conditions de la rupture seraient rassemblées, avec entre autres les « disparités matérielles » et « patrimoine et écologie sacrifiés à des fins capitalistes ». Jack Bizlall se dit confiant qui « enn zour, enn trwaziem lafors pou pran nesans à Beau-Bassin, le premie Me ». Et de notamment lancer un appel à tous ceux qui « boudent » les meetings des principaux blocs politiques dans un contexte où « bokou kestyon poze ».
Par ailleurs, la question de la femme sera abordée durant le rassemblement. Les intervenants devraient, au delà de la « rupture », sensibiliser à partir des axes suivants : 1) pourquoi entend-on très peu la voix de femmes dans la société ? et 2) pourquoi celles qui sont engagées en politique se mettent au service des hommes et du système et démontrent un intérêt très superficiel en ce qu’il s’agit des intérêts généraux des femmes ?, entre autres.
Pour sa part, le syndicaliste Ashok Subron, responsable de « l’animation sociale et culturelle », annonce la tenue d’un « carrefour de solidarité artistique » et d’un concert. Les travailleurs et travailleuses sont invités à amener leur repas. Un « partage » aura lieu. Pour Ashok Subron, il s’agit surtout de « contraster » avec la culture « donn briyani, minn frir » des principaux blocs qui useraient d’outils de « séduction ».
Les activités auront lieu de 9 h à 11 h, heure à laquelle débutera le meeting. La fête des travailleurs (et non « fête du travail », formule que récuse Jack Bizlall) prendra fin aux alentours de 16 h. Le comité organisateur encourage les travailleurs à venir en famille.