Le chanteur pakistanais Adnan Sami a encore une fois fait vibrer le public avec sa puissance vocale, ses textes recherchés et sa musique qui mettent les sens en éveil, jeudi soir, au J & J Auditorium à Phoenix. Professionnel jusqu’au bout des ongles, il a donné un spectacle de haut niveau qui a plus même aux mélomanes les plus avertis.
Entre chansons d’amour, passages instrumentaux et humour, les airs captivants se sont envolés. Adnan Sami a aussi réussi une véritable symbiose des instruments qui titillent les sons. Dès les premières notes de Mehbooba Mehbooba, tout le monde est conquis et sous le charme de sa voix de velours. Il joue avec la foule, lui demande de participer davantage. Lorsqu’il réalise que le public manque de punch, il fait arrêter la musique et lui demande de reprendre les refrains de la chanson qu’il interprète. Les voix se font entendre et l’ambiance prend une courbe ascendante. Il court d’un bout de la scène à l’autre, fait des gestes et suit la cadence de la musique.
Pendant plus de deux heures, il fait alterner les chansons les plus rythmées et les mélodies les plus nostalgiques. Il dira qu’il est très heureux d’être à Maurice : « Whether it rains or shine, I adore to be here », et que la pluie lui a donné l’inspiration nécessaire pour composer une nouvelle chanson. Très doué aux claviers, il effectue un long passage instrumental avec Ankhon Ankhon Mein de Salaam-E-Ishq. Il a suffi de quelques notes de sa musique, de l’émotion d’un solo et la machine s’emballe. Moins nombreux qu’en 2012, les fans tour à tour attentifs et délirants ont apprécié un grand Adnan Sami avec le morceau Sun Zara, avec ses musiciens jouant les gammes du registre vocal de leur maître charmeur en très grande forme.
La simplicité des lignes mélodiques, des constructions appuyées par une bonne sonorisation ont fait la joie du public. Clavier, tabla, flûte, saxophone, guitares et batterie se chevauchent avec un rare bonheur jusqu’au crescendo final.
Le concert était entrecoupé d’anecdotes sur sa vie et de réflexions spirituelles. Lorsqu’il interprète le morceau Noor-E-Khudah de My Name is Khan, il évoque son ancien problème de surpoids et les difficultés qu’il a surmontées grâce à l’amour de Dieu et ses fans. Ses musiciens choisis avec soin ont la maîtrise de leurs instruments et lorsque Adnan Sami leur demande une sonorité particulière, il ne se font pas prier pour montrer leur talent. Avec Teri Bahon Mein, Bheegi Bheegi Raton Mein et Tera Chehra, les fans l’acclament, certains hurlent, d’autres pleurent de joie : l’émotion est au rendez-vous. Entre les apartés du petit baladin au grand coeur et la maîtrise des instruments, la connivence aura été entière. Les anciennes chansons et les nouvelles de son dernier album, Press Play ajoutées à des rythmiques jazz, rock et pop ont conquis le public. Sur une rythmique irresistible, Adnan Sami reprend une chanson qu’il a composée il y a 26 années de cela.
En parfaite communion avec le public, il s’est révélé aussi un musicien hors normes, gourmand de sons, revendiquant l’instinct et le plaisir.
Après la présentation de ses neufs musiciens, Adnan Sami voulait se retirer et le public devait alors le supplier pour qu’il entonne le morceau phare de sa carrière, Lift Karat De. C’est devant une salle débout reprenant les notes de cette chanson qu’il a mis fin à son concert.
Adnan Sami a aussi rencontré sur scène des enfants atteints de thalassémie et a lancé le magazine Bollymag en présence de Sly Bhunjun, le directeur d’Island Filmworks, qui mérite d’être salué pour avoir permis aux mélomanes, peu nombreux cette fois, d’apprécier le talent du chanteur.