Même si l’épreuve du 100 m nage libre ne commence que ce mardi, Bradley Vincent, 25 ans, nage déjà en plein rêve olympique. Mais pour qu’il ait pu poser ses valises jeudi dernier à Rio, le nageur mauricien a dû se lancer dans une folle aventure à la recherche des minima. Son ticket pour ses deuxièmes Jeux Olympiques, c’est aux Jeux d’Afrique 2015 au Congo Brazzaville qu’il le valida. Cela grâce à son chrono de 50.39 réalisé sur 100 m nage libre, synonyme de minima B pour les olympiades brésiliennes.
À un peu plus de trois mois avant les JO, son entraîneur, le Français Philippe Pascal, a fait en sorte que les entraînements de son poulain augmentent à dix sessions par semaine. Sous les consignes de l’ancien Directeur technique national de Maurice, Bradley Vincent s’est peaufiné en travaillant sur les moindres détails qui lui permettraient de réaliser le meilleur chrono possible. Combinaison, bonnet de bain et lunettes de natation, le crawler a enchaîné les longueurs tantôt à la piscine de Serge Alfred à Beau-Bassin tantôt au Synergy Sports and Wellness Institute aux Allées d’Helvétia à Moka.
Dans sa préparation pour le plus grand rendez-vous de sa carrière, Bradley Vincent avoue qu’il en a gardé quelques bons souvenirs mais aussi des mauvais. « Je me suis entraîné dans des conditions vraiment difficiles. D’ailleurs, plusieurs de mes sessions le matin (6h30 – 9h) à Serge Alfred ont dû être annulées car on pouvait à peine chauffer l’eau de la piscine », s’est-il plaint. Le crawler avance aussi que l’aide du ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS) a été inexistante depuis le début de cette année et surtout, après le non-renouvèlement du contrat de son coach en août 2015.
Entre Philippe Pascal et Bradley Vincent, c’est une longue amitié qui a commencé en 2013. L’entraîneur a grandement contribué à l’épanouissement du nageur. Pour continuer le travail qu’ils avaient déjà commencé, Bradley Vincent a dû employer les grands moyens. « J’ai dû entamer plusieurs procédures à mes propres frais pour garder mon coach à Maurice, investir de ma poche pour son salaire et aussi pour mes dépenses. Connaissant mes difficultés, pas une fois le MJS ne m’a apporté son soutien », fait-il ressortir.
Les aides sont alors venues d’ailleurs, notamment du secteur privé grâce à ses sponsors à l’instar de KFC et Phoenix Beverages. Le Trust Fund For Excellence in Sports (TFES) a également apporté sa pierre à l’édifice tout comme sa famille, ses amis du CAMO, Omar Patel son instructeur de musculation, Philippe Journade son physiothérapeute et Kim Avrillon son professeur de Pilates (méthode de remise en forme qui comprend ensemble de plusieurs exercices visant à l’élévation et à la stimulation de l’esprit, à la restauration de la vitalité physique et à la correction des mauvaises postures) et les nombreux supporters qui n’ont cessé de l’encourager.
Dans deux jours au Centre Aquatique Olympique du Brésil, Bradley Vincent découdra avec les meilleurs nageurs mondiaux. Une pression qu’il préfère évacuer. Il se dit surtout fier de défendre son pays pour qui il donnera le meilleur de lui-même.