Ce coureur aguerri de 33 ans a mis le cap jeudi sur Rio en compagnie de son entraîneur, Bertrand Carabin, pour prendre part à ses premiers Jeux Olympiques, et ce, dans la compétition de VTT. Dominant la scène locale comme nul autre avant lui, que ce soit en vélo tout-terrain ou en cyclisme sur route, il récolte aujourd’hui les fruits de son travail. Une véritable consécration pour ce féru de vélo qui aura à coeur de bien figurer en terre carioca.
Yannick Lincoln avait été le premier sportif mauricien à avoir obtenu sa qualification pour Rio. Il y a un peu plus d’un an, il s’était classé juste après les Sud-Africains aux Championnats d’Afrique de VTT cross-country au Rwanda. « Cette qualification m’a libérée. Je récoltais enfin le fruit de tant d’années de travail acharné. Qui plus est, c’est mon sport favori. Je n’ai jamais caché que j’ai toujours préféré le VTT au cyclisme », a-t-il fait ressortir. Après une préparation intense, ce compétiteur né est maintenant prêt à en découdre, lui qui sera en action le 21 août prochain. « Je me suis bien préparé pour l’évènement. Je suis toutefois réaliste et je ne m’élancerai pas avec l’intention de monter sur le podium car le plateau est beaucoup trop relevé. Si je parvenais à passer la ligne d’arrivée sans encombre et en réalisant un bon chrono, ce serait l’équivalent d’une médaille », a-t-il déclaré. Sur un circuit extrêmement technique, Lincoln aura à sortir le grand jeu, lui qui a une préférence pour les épreuves de marathon, plus adaptées à ces dispositions génétiques. « Ce n’est un secret pour personne que je suis plus à l’aise sur les longues distances que sur le cross-country ou les efforts sont plus courts et intenses. Mais j’ai un moral et une motivation hors norme », confie notre interlocuteur.
Durant sa préparation, Yannick Lincoln a pris part à plusieurs courses, ayant notamment remporté une médaille d’or aux Championnats d’Afrique au Lesotho en marathon en avril dernier. « Je n’ai pas eu une préparation idéale pour ces Olympiades en raison de mon emploi du temps très chargé. J’ai tout misé sur un dernier stage au mois de juillet en Suisse ou j’ai pris part à trois courses, soit une manche de Coupe du monde et deux Championnats. Ce stage m’a été très bénéfique car j’ai été en mesure de me libérer de mes obligations professionnelles et familiales. Mes capacités physiques et surtout techniques ont augmenté et psychologiquement je me sens d’attaque. Pour un vététiste, le plus gros souci, c’est la peur. Il faut être en mesure de la gérer. J’ai beaucoup travaillé sur cet aspect avec mon entraîneur et j’ai fait d’énormes progrès », a-t-il soutenu.
Le N°1 local n’oublie pas ceux qui ont contribué à sa réussite. « Je tiens à remercier tous ceux qui m’ont soutenu, ma famille, mon épouse (Aurélie), le Trust Fund For Excellence in Sports (TFES), le ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS), la Fédération mauricienne de Cyclisme (FMC) et bien évidemment mon sponsor, ENL. »