La télévision nationale s’est une nouvelle fois démarquée dans le traitement de l’information hier. Alors que la démission de Vishnu Lutchmeenaraidoo du gouvernement et de l’Assemblée nationale dominait l’actualité, la Mauritius Broadcasting Corporation (MBC) a choisi de reléguer la nouvelle au deuxième plan. Ce n’est qu’après 20 minutes du début du journal que la démission a été annoncée en une phrase.

La MBC, qui avait beaucoup fait parler d’elle récemment avec le traitement propagandiste de l’information, dans le sillage de l’acquittement de Pravind Jugnauth dans l’affaire MedPoint, s’est une nouvelle fois fait remarquer hier. Alors que depuis 16h, la démission de Vishnu Lutchmeenaraidoo, ministre des Affaires étrangères, dominait l’actualité, la MBC, elle, a choisi de traiter l’information en une brève en deuxième partie du journal télévisé.

L’édition d’hier, présentée par Meeghan Ponnappa-Naiken, a démarré avec un reportage sur la dengue. On a eu droit à un constat de la situation, ainsi qu’à une intervention du ministre de la Santé, Anwar Husnoo. Jusque-là, on peut comprendre que la santé publique est plus importante que l’échiquier politique. Mais les autres sujets qui ont suivi, allant de la sécurité dans le port au lancement d’une bibliothèque en braille, entre autres, n’avaient rien de prioritaires sur l’actualité du jour.

Il a fallu attendre 20 minutes après le début des informations, soit après une première page de publicité, pour que la démission de Vishnu Lutchmeenaraidoo soit annoncée en une phrase. Sans plus. Que fait donc le contribuable qui paye la redevance télé et qui n’a pas accès aux autres médias ? Doit-il se contenter de cette phrase sans avoir la possibilité de connaître les raisons derrière une telle motivation ou les réactions politiques provoquées ? Il reste maintenant à attendre la conférence de presse du Premier ministre, Pravind Jugnauth, à ce sujet, à son retour au pays, pour voir quelle importance la MBC va, cette fois, accorder à cette actualité.