Thomas Ngijol, humoriste français découvert sur Canal + dans le Jamel Comedy Club et pour sa rubrique du Top 5 dans Le Grand Journal, ensuite dans les films tels que Case Départ et Le Crocodile du Botswanga, est en représentation à Maurice jusqu’à demain, dimanche 17 août. L’artiste présente son spectacle, ou plutôt un test de son nouveau spectacle, 2, depuis jeudi au Kafét@ Komiko.
Lors de son passage sur scène, jeudi soir, l’artiste nous a fait part du « plaisir » qu’il avait d’être à Maurice, même si ce n’était que sa première fois et qu’il ne voulait « pas s’aventurer à comprendre notre accent con ». Thomas Ngijol a partagé ses impressions sur les Mauriciens depuis son arrivée au pays et a relevé, avec beaucoup de douceur, que nous sommes « un peu très gentils, sincèrement gentils ». Et rajoute d’un ton sarcastique : « C’est suspect pour un Français ». Il a par ailleurs sorti une théorie expliquant la gentillesse des Mauriciens qui est : « Vous êtes gentils parce que vous êtes bourrés. Vous consommez de l’alcool joyeux à Maurice ».
Jetant un regard sur son public, l’humoriste s’est permis de noter qu’il avait face à lui un public mixte, culturellement parlant et que Maurice « est un exemple pour le monde ».
Sur scène, Thomas Ngijol a utilisé la réaction du public pour l’aider à écrire son nouveau spectacle qui tourne autour de sa vie. Il a d’abord parlé de son mariage qui aura lieu très prochainement. « C’est violent ce truc », a-t-il lancé au public, faisant allusion à l’engagement pour la vie tout en n’oubliant pas de mentionner les changements, « sexuels surtout », que cela amène dans un couple.
Il nous a également parlé de sa fille de deux mois et du bonheur et surtout du choc qu’il a eu en apprenant qu’il allait être père. L’histoire de son père et du divorce de ses parents étaient aussi au menu avec la phrase sans détour du père : « L’expérience prouve que… », sans oublier l’accent camerounais qui allait de pair avec la fameuse réplique.
Abordant brièvement le thème de l’homosexualité, Thomas Ngijol explique que pour lui, ça ne le dérangeait pas du tout parce qu’« au final, les gens oublient souvent que c’est deux gens qui s’aiment avant tout ». L’artiste a même été étonné d’apprendre qu’à Maurice aussi il y avait une gay pride. Les moeurs des quartiers populaires, la controverse autour de Dieudonné ainsi que les divers conflits au Moyen Orient.
« Ce n’est pas facile le show-biz », affirme Ngijol, qui relève que « ce n’est pas le travail et l’expérience qui payent, mais l’exposition », en prenant Nabilla par exemple. Son rêve, il le dit : « Je cherche une carrière à la Johnny Hallyday ». C’est dans cette optique qu’il raconte aussi la difficulté qu’il a eue pour faire la promotion du Crocodile du Botswanga ou de son dernier film, Fast Life, tant l’actualité lui « gâchait son moment de gloire » et qu’il n’avait que 12 secondes sur les plateaux télé pour aborder des sujets tels que la guerre où sa seule réplique ne pouvait être que « C’est triste ! »
Bien évidemment, chaque thème traité par Thomas Ngijol était rempli d’humour, de sarcasme et engendrait un fou rire général dans le public.
L’humoriste n’a pas manqué d’interagir avec son public, souvent pour caricaturer chaque geste de travers. « J’ai 35 ans et je n’ai fait que des films d’imbécile fini », confesse-t-il. Je vais vous faire une confidence, Maurice, j’aime mon métier. Je suis névrosé et la scène est ma thérapie ».