Ils seront à leur premier rendez-vous d’envergure et ils sont à coup sûr habités par cette peur de l’inconnu. Quoi qu’il en soit, William Bouton, Linley Perrine et Laurent Samson sont disposés à relever le défi afin de briller aux championnats du monde juniors de kick-boxing. Une compétition qui se déroulera à Rimini en Italie du 9 au 13 septembre prochain. Possèdent-ils pour autant le gabarit nécessaire pour émuler Fabrice Bauluck, double lauréat de cette compétition en 2004 et 2006 ?
Après avoir fait l’impasse sur la dernière édition organisée en 2012, faute de véritable prétendant aux lauriers, le kick-boxing mauricien retrouve ainsi la scène mondiale au niveau des juniors. Qui plus est, ce sera la première fois que la délégation mauricienne comprendra autant de tireurs.
Toujours est-il que l’entraîneur national, Judex Jeannot, a placé sa confiance en trois jeunes, dont un repéré à Rodrigues, qui n’ont cessé de progresser depuis ces derniers mois et qui ont fait bonne figure au cours de galas à l’île de La Réunion et en Afrique du Sud. « Il reste à espérer que la génération actuelle soit à la hauteur. Les trois possèdent des qualités propres à eux et notre souhait demeure de ne pas revenir les mains vides », souligne-t-il.
Il n’empêche que Judex Jeannot, qui effectuera le déplacement au même titre que Sanju Bhikoo, secrétaire de la fédération locale, fait part de certaines appréhensions. « Ils vont découvrir un tout autre milieu, car cette compétition regroupera environ 2 000 tireurs. Il faudra tout faire afin qu’ils ne se laissent pas impressionner et ne se sentent pas complexés en les gonflant psychologiquement. De plus, nous ne possédons pas beaucoup de repères au niveau des juniors, n’ayant pas participé à la dernière édition ».
Après la remarquable prestation des aînés au Brésil l’année dernière, l’entraîneur national souhaite tout de même que la bonne fortune continuera de sourire aux siens. « Fabrice avait décroché sa deuxième médaille d’or en 2006 et cela fait déjà huit ans que nous n’avons pas retrouvé cette première marche du podium. Niven Ramasubbu et Facson Perrine se sont de leur côté contentés du bronze et il s’agira maintenant de revenir au tout premier plan ».
Au gymnase JJJ à Roches Brunes jeudi dernier, les trois tireurs affûtaient donc leurs armes sous la conduite du “grand frère” Fabrice Bauluck. Ayant récemment bénéficié du soutien d’Anahita, William Bouton dit s’attendre que les efforts fournis aux séances d’entraînement trouvent une juste récompense. « Ce n’est guère évident d’effectuer le trajet Olivia-Roches Brunes pour les séances d’entraînement. Qui plus est, la préparation en vue de cette compétition s’est avérée intense. Cependant, j’aspire à la consécration dans la catégorie -54 kg ».
Du haut de ses 16 ans et collégien à la SSS Basdeo Bissoondoyal, William Bouton a connu jusqu’ici des fortunes diverses lors de sa participation à des compétitions internationales cette saison, soit un succès à La Réunion et une défaite en Afrique du Sud.
De son côté, Linley Perrine, qui soufflera ses 17 bougies le 18 septembre prochain, a fait ses premiers pas dans cette discipline sous la férule de Jean-Claude Spéville. Détecté par la suite par Judex Jeannot, le jeune Rodriguais, qui évolue dans la catégorie -60 kg, n’a pas connu une préparation sereine. Un abcès à la cuisse et une blessure à la cheville lors d’une compétition à Mahébourg ont été autant d’obstacles.
Toutefois, il a su remonter la pente. « J’ai dû d’abord m’adapter à un autre style de vie à Maurice. Actuellement, je me sens mieux dans ma peau et le succès acquis en Afrique du Sud m’a davantage mis en confiance », avance celui qui étudie à la SSS Ebène et qui soutient vouloir donner le meilleur de lui afin de se retrouver sur le podium.
Quant à Laurent Samson, sociétaire du Club du Nord, et qui a connu comme entraîneurs Steven Thomas et Patrick Mignonne, il a su choisir sa voie, après avoir pratiqué le football. Un choix qu’il ne regrette pas. « Je détiens huit titres nationaux et j’ai remporté un tournoi à cachet l’année dernière à Pamplemousses. Même si les séances d’entraînement sont dures, je me donne à fond ». Âgé de 17 ans, le tireur de la catégorie -67 kg compte ainsi aborder cette échéance mondiale « le plus simplement possible », avec le secret espoir d’obtenir une médaille. « L’or de préférence », lâche-t-il.
Trois tireurs armés donc de réelles ambitions, comme pour confirmer qu’aux âmes bin nées la valeur n’attend pas le nombre des années.