La Women’s League for Alternative Feminist Action et l’Observatoire de la Démocratie organisent conjointement un rassemblement de toutes les personnes et les associations qui s’associent à la cause féminine. Lors d’une conférence de presse à Port-Louis jeudi dernier, Jack Bizlall a exprimé son mécontentement quant à l’inaction qui prévaut dans la protection et le respect des femmes et de leurs droits. Une manifestation est, par ailleurs, prévue le mardi 26 août devant la Tertiary Education Commission (TEC).
Les trois axes essentiels sur lesquels se penchent l’Observatoire de la Démocratie (OdlD) pour la cause des femmes, explique le porte-parole, sont la dignité, la liberté et les droits des femmes. Ces trois thèmes seront mis en avant le samedi 4 octobre prochain, lors du rassemblement organisé au Plaza, Rose-Hill,à partir de 13 h. Jack Bizlall reproche à Mireille Martin, ministre de l’Égalité des Genres «de ne pas être sur le terrain et de ne pas démontrer sa solidarité à tout instant aux femmes». «Li bizin porte-parole des femmes», dit-il en insistant sur le fait que lorsqu’une femme est victime de harcèlement, Mireille Martin devrait lui  porter une oreille attentive ou encore montrer sa présence sur le terrain lorsqu’une femme se fait assassiner. Jack Bizlall lui reproche également de ne pas monter suffisamment «sur le terrain de la prévention» et considère que la ministre devrait «attraper le taureau par les cornes» car si dans le passé les crimes passionnels prévalaient, aujourd’hui ce sont les crimes crapuleux, estime-t-il.
Selon Jack Bizlall, depuis 2011 les crimes envers les femmes ont drastiquement augmenté et que si la tendance se maintient, il se peut qu’il y ait sept ou huit autres femmes victimes d’assassinat jusqu’à décembre. Outre les assassinats, le harcèlement devient de plus en plus fréquents. «Dans tous les lieux de travail à Maurice, indistinctement, il y a des cas de harcèlement envers les femmes», dit-il, avant d’ajouter qu’il existe aussi un problème lié au harcèlement: le licenciement suite à un refus d’accepter des avances.
Jack Bizlall indique qu’une lettre a été envoyée à la ministre pour demander une rencontre. Il propose la mise sur pied d’un comité permanent qui sera à l’écoute des femmes et fera intervenir, selon le cas, les autorités compétentes, notamment la police et le système judiciaire. Dans la lettre datée du 7 août, il déclare: «Pour nous, jusqu’à preuve du contraire, la responsabilité des atrocités auxquelles sont soumises les femmes vous incombent ainsi que le gouvernement auquel vous appartenez. Si le gouvernement ne réagit pas aux sollicitations des femmes en danger, vous n’avez aucun autre choix que de soumettre votre démission.»
Une manifestation est par ailleurs prévue pour le mardi 26 août devant le bureau de la TEC pour demander la suspension du directeur éxécutif, dans le cadre des accusations de harcèlement sexuels faites par une employée de l’instance qui s’est retrouvée licenciée par la suite.
Pour sa part, Patricia Babet, porte-parole de la Women’s League for Alternative Feminist Action, souligne que l’on cherche toujours des excuses pour la violence à l’égard des femmes, telle que l’infidélité, mais qu’en fin de compte, «ce sont des crimes tout court!»Elle lance l’appel aux femmes d’être présentes au rssemblement: «Ce sont les femmes elles-mêmes qui doivent pouvoir régler les problèmes des femmes dans un monde patriarcal», dit-elle.