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La Confédération des travailleurs des secteurs public et privé (CTSP) part en guerre contre le Political Financing Bill, piloté par le Premier ministre, Pravind Jugnauth.

Cette confédération syndicale a en effet signifié son intention de mener une campagne de sensibilisation auprès des travailleurs pour qu’ils rejettent ce projet de loi.

Les deux principaux dirigeants de cette confédération syndicale, Reeaz Chuttoo et Jane Ragoo, ont commenté les imperfections de ce projet de loi. Le président de la CTSP devait ainsi insister sur le fait que sa confédération n’accordera pas son soutien à ce projet de loi. Il devait adresser une mise en garde à l’opposition parlementaire.

« Si l’opposition accorde son soutien à ce projet de loi, elle entrera dans l’histoire comme une bande de traîtres », a-t-il ajouté.

Il devait rappeler que, tout récemment, le MMM « avait reçu un chèque de Rs 10 millions de la défunte BAI pour financer sa campagne » électorale. Et de poursuivre que « plus de Rs 200 millions ont été retrouvés dans les coffres de l’ancien Premier ministre, Navin Ramgoolam, alors que ce dernier est venu dire qu’il s’agit d’une donation ».

Il devait poursuivre ses attaques envers l’ancien Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, qui, dit-il, « a aussi déclaré que le Sun Trust Building a été construit grâce au financement du parti ». Et de se demander : « Est-ce que ce projet de loi identifie les sources de financement d’un parti politique ? »

« Nous ne sommes pas d’accord avec le fait qu’une compagnie privée finance un parti politique directement. En France et en Allemagne, cette pratique est décriée. Aux Etats-Unis, si tel est le cas, il faudra rendre publique cette donation. Le projet de loi qui a été présenté se base uniquement sur les donations. Aucune attention particulière n’est accordée sur les dépenses. Cette nouvelle loi aurait dû limiter les dépenses aux partis politiques afin de réduire leur financement », soutient le syndicaliste.

« Lorsqu’une compagnie privée effectue une donation à un parti, dans ses livres de comptes, elle ne mentionne seulement que le montant, sans pourtant donner des détails sur le ou les parti(s) qui ont bénéficié de ce financement », continue Reeaz Chuttoo.

Selon lui, si on oblige les compagnies privées à révéler les noms des partis ayant bénéficié de sources de financement, « le citoyen sera alors en mesure de saisir l’ICAC s’il y a eu trafic d’influence dans l’obtention d’un contrat ».

Il dit aussi ne pas être d’accord avec le fait que toutes les donations soient effectuées auprès des trésoriers des partis par voie électronique ou par chèque. « D’après ce projet de loi, il n’y a pas de limite pour les donations en espèces. Comment est-ce qu’on saura s’il ne s’agit pas d’argent sale ? C’est grave ! Il n’y a pas de limite. Beaucoup de compagnies privées subiront ce genre de chantage. “Donn nou cass, sinon, si nou vinn o pouvwar, nou pou pran twa kont” ! », dit-il encore.

Jane Ragoo devait soutenir de son côté qu’il y a « un lien direct entre les partis politiques et certaines compagnies privées ».

Certaines d’entre elles, dit-elle, « financent les partis politiques dans l’espoir d’avoir une attention particulière dans l’exercice d’allocation de contrats pour divers projets d’infrastructures ou encore pour obtenir le pouvoir de “hire and fire” dans les entreprises à travers un durcissement des provisions de la loi à l’égard des travailleurs » du pays.