La presbyacousie, cause la plus fréquente de la baisse de l’acuité auditive (parfois majeure), nous concernera tous à partir de 60/65 ans. Il arrive cependant que des personnes soient gênées à un âge plus jeune par une presbyacousie. Malgré son immense fréquence, cette pathologie reste mal connue.
La presbyacousie, c’est quoi ?
La presbyacousie est à l’audition ce que la presbytie est à la vue. Elle désigne l’usure naturelle et irréversible de l’audition. Cette baisse de l’audition progressive, généralement bilatérale, constitue la forme la plus fréquente de la perte auditive (90 % des cas). Attention à ne pas mélanger surdité et presbyacousie.
Quand s’inquiéter ?
La presbyacousie débute dès 30 ans, mais c’est généralement après 50 ans que l’on peut rencontrer les premiers problèmes, une première gêne sociale. De manière progressive, les cellules de l’oreille interne amplifient moins les fréquences aiguës, entraînant des troubles dans la différenciation des sons et des difficultés de compréhension. Une conversation téléphonique s’effectue non sans problème… Résultat : on interprète souvent mal une conversation et de fil en aiguille, on devient irascible. À l’extrême, les personnes les plus atteintes ne vont plus faire d’effort pour comprendre, ne vont plus écouter et vont finir par s’isoler socialement.
Les premiers signes qui doivent alerter : dans les ambiances sonores, on entend mal, on fait répéter, on parle souvent un peu plus fort.
Perte de l’audition : signes de surdité, baisse de l’audition
Sauf dans le cas de traumatismes particuliers, on ne devient pas sourd du jour au lendemain. Tout arrive progressivement. D’abord, quand vous regardez la télévision, vous comprenez bien le présentateur du journal de vingt heures quand il s’exprime. Mais le film qui suit, avec sa musique de fond et ses acteurs qui parlent tous en même temps, vous ne les comprenez pas bien. Et vous haussez le son du téléviseur.
Si vous discutez avec votre conjoint ou un ami, en tête-à-tête, tout va bien. Au pire, vous devez faire répéter quand une voiture passe en même temps. En revanche, lorsque vous vous retrouvez en famille ou entre amis, avec les enfants qui rient et qui chahutent, là, vous ne comprenez plus ce que l’on vous dit.
Petite explication : la baisse de l’audition se porte, dans un premier temps, sur les fréquences les plus aiguës. Et ce sont d’abord les consonnes que l’on rate : les F, S, C, H, T, P… C’est un peu comme si on voulait lire des mots ou des phrases auxquelles il manquerait des lettres. On rame ! Mais, le cerveau est puissant. Au début, il arrive à compenser les sons manquants et nous permet de deviner, quand même, le sens de la phrase.
Du déni à l’acceptation…
En général, la première personne à se rendre compte que vous avez perdu en audition, ce n’est pas vous, c’est votre conjoint ! Le problème est qu’il n’a pas forcément les bons mots pour se faire entendre… « T’es sourd, ou quoi ? » n’est pas forcément la meilleure formule pour vous faire admettre un début de surdité
C’est plutôt quand les amis ou les collègues de travail vous font la remarque « t’aurais pas un problème d’oreille ? Tu sais, moi, etc. », que vous commencez à admettre les choses.
Et, sachez-le, c’est la même chose pour tout le monde, entre le moment où vous commencez à ressentir les premiers signes et le moment où vous admettrez que vous avez perdu en audition, il se sera écoulé pratiquement sept ans.
Et cela s’explique : le vieillissement auditif se calcule à environ un décibel par an. Autrement dit, à 1 % d’audition en moins, chaque année. Donc, entre le moment où les premiers symptômes apparaissent et le moment où, enfin, vous déciderez d’aller consulter, il se sera écoulé sept ou dix ans. Dommage ! Plus on s’y prend tôt, mieux c’est. Plus le cerveau est jeune, plus il est capable d’utiliser correctement le signal sonore amplifié d’un appareil auditif.
D’où l’importance de consulter un ORL dès que vous ressentez une gêne sociale. Les patients viennent consulter tardivement en cas de presbyacousie, bien souvent quand ils se sont déjà habitués à une baisse de leur audition. Ce qui est dommage, car quand il faudra se faire appareiller, il est préférable de commencer assez tôt, quand la presbyacousie n’est pas trop évoluée.
Prévenir la presbyacousie
On ne peut pas échapper à une presbyacousie. Seniors, nous serons tous concernés ! On peut toutefois la retarder grâce à une vie saine, en diminuant les expositions sonores excessives et répétées.
Soigner la presbyacousie
Contrairement à certaines pathologies de l’oreille, la presbyacousie ne peut être corrigée par un acte chirurgical, mais par des aides auditives. Ces appareils auditifs véhiculent parfois une mauvaise image assez souvent erronée — trop voyants, inefficaces, qui sifflent et stigmatisent les personnes âgées. Ce type de problème peut parfois survenir, mais peut être aussi solutionné en retournant chez son audioprothésiste pour régler l’appareil, mieux l’adapter, etc.
Pour diagnostiquer une presbyacousie, l’ORL est la seule personne habilitée à définir la perte auditive de chaque oreille. Comme pour les yeux, le vieillissement ne concerne pas forcément les deux oreilles de la même façon. Seul un bilan auditif permet de définir avec précision la perte auditive de chaque oreille.