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« To enn ninport ! » C’est ainsi que le chauffeur d’un autobus individuel sortant de Curepipe il y a quelques jours, et qui dessert la ligne 137, a qualifié L. J., une habitante du village de Le Bouchon, lors d’une discussion. Cette dernière reprochait au chauffeur de n’avoir pas respecté les horaires. Cette mère de famille a porté plainte au poste de police de Plaine-Magnien avant de se rendre à la National Transport Authority de Plaine-Lauzun pour faire part de ses doléances. C’est la deuxième fois que cette habitante du Bouchon a été maltraitée par des employés d’autobus individuels. « Si lotorite ti pran sanksion pli sever, zot konportman ti pou sanze », insiste J. L.

Les autobus qui desservent la ligne 137 à partir de la gare routière de Curepipe sont tenus de suivre l’itinéraire suivant : Carreau-Esnouf – Desplaces – Mon-Désert – Camp-Carol – Le Bouchon – Carreau Acacia – Mahébourg. Yudishie, une habitante de Camp-Carol, situé à quelques mètres du Bouchon, fréquente un collège d’État à Souillac. Comme les autres élèves des environs, elle éprouve beaucoup de difficultés à se rendre au collège chaque matin et à rentrer les après-midi. « Je devais prendre l’autobus pour aller prendre part aux examens d’anglais et de français, deux matières principales. J’étais arrivée très tard en classe. J’étais paniquée et stressée. Croyez-moi, ce n’était pas la première fois. Lorsque je discute avec les voisins, on se rend compte que beaucoup d’élèves sont victimes eux aussi des caprices de certains chauffeurs individuels sur la ligne 137. »

Roshni Doolub, habitant Camp-Carol et qui écoute attentivement les doléances de Yudishue, donne son témoignage. Elle raconte le calvaire des habitants de la localité qui doivent se rendre à une cérémonie de mariage ou rendre visite à un proche admis à l’hôpital de Rose-Belle. « Bann bis zame pa aler, ou atan ziska ou latet fermal e monn finn deza ariv lopital ler vizit ti fini. Mem zafer si ou ena pou ale enn lanterma, kadav fini ariv lor lie kremasion, lerla ou pe rantr dan landroi kot bann pros ki finn desede. » Ceux qui se rendent sur leur lieu de travail éprouvent les mêmes difficultés.

Hoolsee Sebnauth, conseillère du village, considère que ce problème que rencontrent les habitants de cette région a trop duré. « J’habite cette localité depuis plus de cinquante ans. Rien n’a changé depuis. Les autorités doivent agir », insiste-t-elle. Elle suggère que des autobus de la Compagnie nationale de transport (CNT) desservent cette ligne du matin jusqu’à tard dans l’après-midi. « On n’a pas de problème avec les chauffeurs d’autobus de la CNT qui sont sur ce trajet depuis deux mois. Ils respectent les horaires », reconnaît-elle.

Excédés par cette situation, des habitants de ce village s’étaient massés au jardin de la Compagnie, à Port-Louis, en février 2014. « Si la situation ne change pas avant les prochaines élections générales, nous allons faire entendre notre voix », promet un travailleur engagé de la région.