Patricia Elias Smida, candidate aux législatives françaises pour la dixième circonscription, milite pour un meilleur statut des Français à l’étranger. Elle a pour suppléant Xavier Dubourg de la Tour, un expatrié français qui habite à Maurice depuis 18 ans.
La candidate à la députation, lors d’une rencontre avec Le Mauricien la semaine dernière, devait affirmer d’emblée que sa légitimité à ces législatives repose sur deux points fondamentaux. D’une part, sa formation d’avocate en droit international lui permet de disposer de connaissances solides des lois internationales et des différents pays de la circonscription ; d’autre part, son expérience du terrain dans la dixième circonscription, pour avoir vécu au Liban, au Cameroun et au Gabon, lui permet d’avoir une connaissance des problématiques des Français qui y vivent.
Cette dixième circonscription compte quarante-neuf pays d’Afrique et du Moyen Orient. Pendant les huit derniers mois, la candidate était en tournée dans 12 pays comptant le plus grand nombre de Français de la circonscription. Elle était à son deuxième voyage à Maurice.
Patricia Elias Smida dit militer pour la reconnaissance d’un statut des Français à l’étranger comme une force économique à la fois pour la France et pour le pays où ils se trouvent. Ils participent au rayonnement de la France dans le monde, dit-elle, observant que ces expatriés ne sont ni des exilés ni des milliardaires mais qu’ils appartiennent à toutes les couches de la société et qu’ils peuvent aussi être des gens qui sont dans le besoin.
Mme Smida s’engage aussi à combattre « la démagogie qui consiste à assimiler tous les Français vivant à l’étranger à des exilés fiscaux et à vouloir les taxer toujours plus ». Elle précise qu’un binational travaille dur sans connaître les 35 heures et paie ses impôts dans le pays où il vit en plus des taxes d’habitation et impôts divers qu’il règle en France.
Elle récuse également la proposition d’« une taxation spéciale pour les expatriés portant sur un taux de contribution de 5 % sur les revenus dépassant six fois le plafond de la sécurité sociale ».
Patricia Elias Smida observe que l’éducation est une autre priorité de la campagne. Elle parle du maintien d’un enseignement de qualité des lycées français de l’étranger. « Il est important que l’État prenne davantage en charge les frais de scolarité, notamment pour les familles à revenus moyens et modestes, à travers des bourses plus généreuses ». Pour elle, il est tout à fait normal que les Français de l’étranger « puissent bénéficier, au même titre que les autres, des services publics qui assurent la cohésion sociale ».
Notre interlocutrice relève qu’en matière de santé, la Caisse des Français de l’Étranger (CFE) a des tarifs prohibitifs qui empêchent beaucoup de Français de s’y inscrire. Elle milite aussi pour que les Français de l’étranger puissent avoir accès « comme nos autres concitoyens français à une retraite digne et paisible » et estime important que la solidarité nationale s’exerce au-delà des frontières de la France dans tous les cas de figure. « Je demande qu’on ait un statut à notre retour en France ».
Patricia Elias Smida invite les Français de Maurice « à voter en masse les 3 et 17 juin ». Le vote par internet commence le 23 mai. Elle observe que ceux qui vivent à Maurice ont la chance d’avoir un suppléant qui habite sur place en la personne de Xavier Dubourg de la Tour. Celui-ci est assureur-conseil et « siège comme administrateur de compagnies détenues par des entrepreneurs français ». Au Mauricien, il indique être le fondateur de l’Association des Entrepreneurs Français, connue aujourd’hui comme la Chambre de Commerce France-Maurice, et de l’Association d’entraide et de bienfaisance de la communauté française.