Pour qui voter ? La question s’est posée à ma petite personne depuis l’annonce faite par notre honorable dirigeant. Après le Metro Express et l’éventualité évoquée d’une hausse de la pension comme une promesse, beaucoup semblent perdus. Serait-ce de trop beaux cadeaux destinés à influencer les pauvres votants ? Combien resteront fidèles à leurs habitudes électorales ? Continuité ou rupture ? On le saura bientôt.

Chacun d’entre nous devra agir selon son âme et conscience dans la solitude feutrée de l’isoloir. Cependant, l’imminence des urnes pourrait avoir coupé l’herbe sous les pieds des indécis. La riposte fera fort en vue de convaincre pour s’avérer efficace. Ce sera une guéguerre entre éléphants et néophytes. Vous avez dit programme contre programme ? Ne rêvons pas trop.

Que faire d’autre lorsque la stratégie communale est affinée ? Elle consiste entre autres à placer des candidat(e)s selon la carte ethnique des circonscriptions. L’astuce en 2019 est de faire appel à des voix connues, mises au service du parti, plutôt que de convaincre par un manifeste visionnaire. Cela semble un tantinet populiste. Même si chacun est libre d’entrer subitement en politique pour mieux servir le pays.

C’est bien connu : un jour est un bien long moment en politique. Tout peut basculer du tout au tout, malgré les beaux discours tenus pour la galerie. C’est aussi vrai que les alliances sont contractées sans aucune considération idéologique. Nos politiques ne s’en encombrent pas pour faire campagne.

Tous prônent une vision similaire de l’économie et du social. Les candidats à la députation sont choisis selon une logique communale afin que sak zako protez so montagn. C’est hélas toujours vrai après plus de 50 ans d’indépendance. Aussi deviendrait-on ministre selon la représentation ethnique, qui aurait pour but de démontrer que toutes les communautés sont représentées au Cabinet.

Cette logique communale avait un sens dans le passé. Nous en sommes aujourd’hui à la génération Z (celle qui a toujours connu Internet). Et quel choix proposons-nous à cette génération connectée et soucieuse du climat surchauffé de demain ? Espérons, pour elle, qu’elle sera épargnée par l’hydre du communalisme et délivrée de la mentalité rétrograde qui perdure dans la pensée de leurs parents. Elle a droit à des candidats valables et non à quelques individus intéressés, désireux de s’essayer à une carrière en politique, ou à de gentils personnages qui n’auraient jamais dû céder à la tentation.

D’autre part, organiser des élections générales un jour de semaine où se tiennent des examens du SC et du HSC, c’est dire toute l’importance que l’on n’accorde pas à la jeunesse. Il semble flotter des effluves d’immoralité dans l’air, ces derniers temps.

En guise de conclusion, citons le romancier George Orwell : “Un peuple qui élit des corrompus, des renégats, des imposteurs, des voleurs et des traîtres n’est pas victime ! Il est complice.” Une pensée à méditer.