Changement climatique — Sècheresse — Assirvaden : « Situation critique à Mare-aux-Vacoas »

La situation de l’eau à Maurice devient de plus en plus préoccupante. En visite au réservoir de Mare-aux-Vacoas, hier matin, le ministre des Services publics, Patrick Assirvaden, a dressé un constat alarmant de la sécheresse qui frappe actuellement le pays, évoquant des restrictions imminentes.

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« La situation est critique, et elle est encore pire que ce que nous pensions », a-t-il déclaré, après avoir constaté de visu le niveau extrêmement bas du principal réservoir du pays. Accompagné de techniciens spécialisés, il a tenu à évaluer lui-même l’ampleur de la crise avant de prendre des décisions.

Selon les informations communiquées sur place, une telle sécheresse n’aurait pas été observée depuis plus de 120 ans. « À l’endroit où nous nous trouvons, nous devrions normalement être à 20 mètres à l’intérieur du réservoir à partir de la route principale », a-t-il souligné, illustrant la gravité de la situation.

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Le ministre a pointé du doigt les effets du changement climatique, qui affectent désormais Maurice de plein fouet. Le déficit pluviométrique est particulièrement marqué cette année, avec environ 400 mm de pluie enregistrés contre des niveaux bien plus élevés habituellement, soit un déficit estimé dans la fourchette de 30 % eà40 %. En termes de volume, cela représente un manque de 10 à 14 millions de mètres cubes d’eau.

Face à cette situation, Patrick Assirvaden a annoncé avoir demandé à Lormus Jugoo de la Water Resources Commission de préparer un plan d’urgence. « Il n’est pas possible de continuer comme si de rien n’était alors que le principal réservoir est dans cet état », s’est-il appesanti.

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Des restrictions sur l’utilisation de l’eau sont ainsi envisagées dans un avenir proche. Si aucune mesure n’est prise, le niveau des réserves pourrait chuter entre 22 % et 23 % d’ici à la mi-juin, ce qui nécessiterait le déclenchement de protocoles d’urgence déjà en préparation.

Le ministre a lancé un appel pressant à la population, aux planteurs et aux entreprises pour réduire la consommation d’eau. « Il faut tout faire pour ralentir l’utilisation de l’eau et empêcher que le niveau ne baisse davantage », a-t-il déclaré, en mettant l’accent sur la responsabilité collective.

Malgré l’existence d’autres réservoirs, l’impact de la sécheresse reste particulièrement visible à Mare-aux-Vacoas, qui alimente environ 80 000 abonnés dans les régions de Vacoas et des Plaines-Wilhems. L’objectif est désormais de gérer les ressources disponibles afin de tenir jusqu’à la prochaine saison des pluies, prévue en fin d’année.

Le ministre a également évoqué plusieurs mesures structurelles, notamment l’augmentation du nombre de forages, l’exploitation accrue des nappes phréatiques, ainsi que l’étude de projets de dessalement, en particulier au Nord du pays. Un projet de barrage à Rivière-des-Anguilles est aussi à l’étude à l’horizon 2029.

Enfin, Patrick Assirvaden a fait ressortir que sans pluies suffisantes, la recharge des nappes phréatiques reste compromise, aggravant encore la crise. « Il faut agir immédiatement pour éviter une situation encore plus grave », a-t-il conclu.

Le ministre, qui vient de rentrer d’une visite à Rodrigues, a fait mention des développements en cours dans l’île où une station de dessalement sera en mesure de produire quelque 4 500 mètres cubes d’eau et qui sera inaugurée prochainement. « Nous ne pouvons plus être dépendants de la pluie », a-t-il renchéri.

 

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