• Sans nouvelle de la plainte en cour, ils ont manifesté devant le ministère du Travail ce matin

En décembre 2017, à une semaine de Noël, 450 travailleurs de l’usine Texto avaient été jetés sur le pavé. Un an et demi après, ils attendent toujours leur compensation. Atma Shanto, leur négociateur, rappelle que les administrateurs s’étaient tournés vers la Cour Suprême pour pouvoir vendre les biens et payer les créanciers, ainsi que les travailleurs. Mais à ce jour, dit-il, c’est « l’opacité complète » sur la question. D’où la manifestation de ce matin.

Ils ont eu moins de chance que les licenciés de Palmar qui, eux, ont obtenu une partie de leur compensation. Ces ex-travailleurs de Texto ne comptent pas rester les bras croisés pour autant. La raison, disent-ils, est que leur dossier n’était pas clos. Une action portée en Cour suprême en 2018 devait donner aux administrateurs le droit de vendre les “assets” de la compagnie afin de rembourser les créanciers et payer la compensation aux travailleurs. « Même si nous savons que, sous l’Insolvency Act, les travailleurs sont en troisième position, il fallait quand même les tenir au courant de la situation. Mais à ce jour, nous n’avons rien entendu. Il y a une opacité totale sur la question. D’où leur démarche pour avoir une rencontre avec le ministre du Travail, Soodesh Callichurn. »

Ce matin, ces licenciés de Texto ont ainsi manifesté devant la Victoria House et réclamé une rencontre avec le ministre Callichurn. Pour Atma Shanto, les ex-travailleurs doivent être considérés comme des créanciers. Mention avait d’ailleurs été faite à ce sujet dans la plainte logée en cour, précise-t-il. « Les ex-travailleurs sont des créanciers de par l’argent représentant leur compensation au sein de la compagnie. Ils doivent donc savoir combien d’argent a pu être récupéré, combien on a payé aux institutions financières et combien il en reste pour les travailleurs. On ne peut continuer à fonctionner ainsi, comme si on s’est débarrassé des travailleurs et on ne dit plus un mot.»

Faisant référence aux nouveaux projets de loi – le Workers’ Rights Bill et les amendements à l’Employment Relations Act – Atma Shanto note qu’il y a tout de même des lacunes. «La loi prévoit un Portable Retirement Gratuity Fund pour la question de compensation. Toutefois, il faudra attendre l’âge de la retraite pour y avoir droit. Or, parmi ces licenciés, il y a de nombreuses personnes qui ont dépassé 50 ans et qui n’ont pu retrouver du travail. Ce qui veut dire que même s’il y avait le PRGF, ces personnes seraient sans le sou. Certains ont plus de 10 années de service. Nous voulons aborder cet aspect également avec le ministre Callichurn. »

Parmi ces licenciés, poursuit encore Atma Shanto, certains sont en train de « bat bate ». Ils n’ont pu retrouver un emploi stable. D’autres, dit-il, sont sans emploi. « Il est temps qu’on leur donne des explications. Il faut de la transparence. »

Rappelons que les travailleurs de Texto, situé à Vallée-des-Prêtres, s’étaient retrouvés devant des grilles cadenassées en venant travailler, en décembre 2017. Pourtant, la veille, ils avaient fait leurs heures supplémentaires afin de compléter les commandes. Les travailleurs mauriciens avaient dans un premier temps été placés sous le Workfare Programme, tandis que les expatriés ont été redéployés vers d’autres usines. Ils avaient manifesté devant le ministère du Travail à plusieurs reprises et des réunions avaient été organisées avec des officiers. Toutefois, aucune solution n’a été trouvée à ce jour.