Semez du riz pour l’année.
Plantez des arbres pour la décennie,
Éduquez les hommes pour la vie.
Proverbe chinois

À l’île Maurice, pays multiculturel et indépendant depuis quarante-sept ans, les communautés se côtoient au quotidien au nom du respect, de la tolérance et de la solidarité. Représentant à peine 2% de la population locale actuelle, la communauté sino-mauricienne a toujours joué un rôle très important dans la construction socioculturelle et le développement économique de la nation. Discrets à bien des égards mais très actifs, les Mauriciens d’origine chinoise dont les premiers ancêtres sont arrivés sur l’île au 17e siècle ont appris à s’enraciner dans l’île autour d’un « Chinatown » dans la capitale à Port Louis et à partager leur culture, tout en vivant en harmonie avec les autres communautés. Pour les Mauriciens, la gastronomie chinoise, le nouvel an chinois et la boutique chinoise font partie du patrimoine culturel local. Au fil des générations, on déguste la cuisine chinoise allant des chipeks (croustillants au tapioca), et des mines frits (nouilles sautées) au chop suey en passant par le canard laqué ; au moment des fêtes, le nian gao, le « gâteau la cire » local à base de riz gluant, ainsi que le « gâteau de riz », le « gâteau de lune » et autres friandises sont bien appréciés. Quelles que soient leurs origines, les Mauriciens ont pris l’habitude de faire résonner des gros pétards rouges comme les Sino-mauriciens pour éloigner les mauvais esprits lors du réveillon de la Saint Sylvestre.
En voyant construire des super et hypermarchés, le boutiquier du coin de la rue a aujourd’hui fermé son commerce ; ceux qui ont connu la boutique chinoise et son légendaire carnet de crédit lui doivent une fière chandelle ! En souvenir de ce lieu mythique qui a bercé mon enfance, et au nom de mes liens amicaux avec la communauté sino-mauricienne, j’ai souhaité rendre hommage à la diaspora chinoise (1) de l’île Maurice, en tirant mon chapeau à laboutik sinwa et en allant au-delà…