L’ancien sélectionneur du Club M, Didier Six, a rencontré la presse hier après-midi à Port-Louis afin d’apporter sa version des faits concernant les incidents entourant sa mise à pied par la Mauritius Football Association (MFA). Une rencontre qui aura duré près de trois quarts d’heure, où le Français donnera le fond de sa pensée, égratignant au passage quelques membres de la MFA, sans toutefois citer de noms.
Réagissant en premier lieu à un entretien paru dans un quotidien hier matin, Didier Six dira que ses propos ne devaient pas être une série de questions-réponses. « Je voulais seulement commenter sur ce que deux personnes ont déclaré à mon sujet ». « Y a-t-il eu préméditation ? » C’est la question que se pose l’ancien sélectionneur de Maurice.
Le ton est calme, posé, sans aucune animosité. Didier Six apporte sa version des faits quant à ce qui lui est reproché. « J’ai informé en deux occasions Didier Pragassa (ndlr : secrétaire général de la MFA) de mon départ pour la France. J’avais dit que si le Club M se qualifiait pour les quarts de finale, je déférerais mon départ. Or, on m’accuse d’avoir laissé les joueurs, alors que j’étais là pour les voir monter dans le bus et les féliciter ».
S’expliquant sur les incidents liés à la campagne mauricienne à la Cosafa Cup, il s’épanchera longuement sur la question. Dans un premier temps, il soutient avoir appris, moins d’une heure avant la rencontre contre le Zimbabwe (0-2), que le Malgache naturalisé Francis et Jonathan Édouard ne pouvaient jouer pour des raisons administratives. « Cela, alors que j’avais déjà mis en place un schéma tactique. Comment auriez-vous réagi ? » s’interroge-t-il.
Ce qui l’a poussé après la rencontre à dire la fameuse phrase qui, selon lui, a été mal interprétée. « J’ai dit à Nazir Bowud (ndlr, assistant secrétaire de la MFA et délégué de la Cosafa) que je ne pouvais pas continuer dans ces conditions, dans ce contexte. Il n’a jamais été question de démission ».
D’autres incidents ont également émaillé le parcours du Club M, dont l’épisode de la chasuble jaune, comme celle du Zimbabwe. « J’ai dit à l’arbitre que les Zimbabwéens aussi jouaient en jaune ».
Cependant, il reconnaît une faute : celle d’être entré sur le terrain lorsque l’attaquant mauricien Andy Sophie « s’est fait descendre ». « Oui, je reconnais que ma faute a été d’entrer de cinq ou six mètres sur le terrain. Ensuite, Bruno Ravina s’est blessé et son bras avait doublé. J’ai été le voir et j’ai demandé à des joueurs qui s’échauffaient de rester avec lui. Or, il n’y avait aucune ambulance, ni médecin. Est-ce que je pouvais laisser le joueur seul ? » Didier Six affirme donc avoir agi dans l’intérêt des joueurs. « Je suis là pour défendre mes joueurs. Personne d’autre ne me fera change d’avis ».
Revenant sur son limogeage, l’ancien entraîneur de la sélection de Maurice dira qu’il n’a toujours pas été informé officiellement de sa mise à pied. « Je n’ai reçu aucun courrier », avance-t-il. Mais pour lui, il y a « des vers dans la pomme », sans toutefois donner des noms. « Je n’en veux pas à Samir Sobha, mais à ceux qui gravitent autour de lui ». Ce qui lui pousse à se demander si tout cela était prémédité. « En vérité, je me suis absenté 48 heures. Et c’est la pagaille. Je pense que c’était prémédité », martèle-t-il.
Ensuite, il enchaîne avec une phrase lourde de sens. « La meilleure solution est de continuer avec le trio qu’ils ont nommé à la tête du Club M. Akbar Patel est adorable, Désiré L’Enclume aussi ». En revanche, pas un mot à propos de son ancien adjoint, Alain Happe.
Et l’ancien sélectionneur de s’interroger sur les priorités du football local. « Je pense qu’il fallait emmener les joueurs à la CAN, à la ChAN et aux Jeux des îles. La priorité, c’est de donner un espoir à ces jeunes, qui pourront évoluer par la suite dans les équipes de la Premier League ».
La conclusion, elle est claire. Il ne rencontrera que trois personnes, soit Samir Sobha, président de la MFA, Georges Chung, chairman de la Mauritius Professional Football League, et le ministre de la Jeunesse et des Sports, Yogida Sawmynaden. « Je ne suis pas un Bisounours, je n’ai pas 15 ans. Ce sont les seules personnes que je rencontrerai ».
La page du Club M est-elle définitivement tournée ?