Le mouvement de protestation contre l’introduction de la “biometric identity card” prend une nouvelle forme. A l’initiative de Lalit, qui a été un des pionniers dans la mise en garde contre les risques d’abus des Droits de l’Homme avec cette nouvelle pièce d’identité nationale, a réuni 25 personnalités du pays, qui ont apposé leur signature au bas d’une pétition de 12 mots pour attirer l’attention sur les risques que comporte ce projet et pour demander aux autorités, dont le Prime Minister’s Office, d’agir « avant qu’il ne soit trop tard ».
La liste des 25 personnalités soutenant cette démarche de Lalit comprend deux anciens présidents de la république, en l’occurrence Cassam Uteem et Karl Offmann, qui sont venus rejoindre sir Anerood Jugnauth, un adversaire déterminé de ce projet vu que le leader du MSM, Pravind Jugnauth, est engagé dans une demande d’injonction en Cour suprême contre le Mauritius National Identity Card Scheme (MNICS). Ils ont signé la pétition, dont le libellé est le suivant : « We express grave concern regarding the new compulsory biometric ID Card System. »
Au terme des dispositions de la loi, tout citoyen mauricien est tenu à porter sur lui de manière quasi permanente sa nouvelle carte d’identité nationale à partir de septembre prochain et de la produire à tout officier désigné, notamment les officiers de police, à sa requête. Les réglements de la “biometric ID card” stipulent : « Every person may (…) where he is empowered by law to ascertain the identity of another person (ex : police officer), (…) request that other person to produce his identity card (and the person concerned must) : a) forthwith produce his identity card to the person making the request; or b) where he is not in possession of his identity card, produce his identity card within such reasonable period, to such person and at such place as may be directed by the person making the request. »
Les contestataires font état de cette nouvelle contrainte au respect des droits fondamentaux de l’individu. Au sein de ce groupe de 25 signataires, l’on retrouve la présence de deux anciens Attorney General, à savoir Jean-Claude Bibi et Rama Valayden, mais aussi d’un ancien vice-chancelier de l’Université de Maurice en la personne de Vinesh Hookoomsing, d’un ancien président de Select Committee et ex-parlementaire, Ivan Collendavelloo, de Raouf Gulbul, membre du Bar Council, ainsi que d’artistes et activistes des Droits de l’Homme, dont Betty Peerun, ancien membre de la Commission nationale des Droits de l’Homme.
Dans un communiqué émis par Lalit en révélant l’identité des 25 signataires, mention est faite que « this 12-word Declaration by 24 Mauritian personalities expresses concern at the compulsory nature of the new ID card, the fact that biometric data, including fingerprinting, is being extracted from citizens, in this context, and the fact that there is a whole “system” behind the ID cards ».