Aider les fumeurs à modifier leur comportement. Tel est un des buts de la Journée mondiale antitabac, qui a été observée le 31 mai dernier. À cette occasion, associations luttant contre le tabac et professionnels de santé prodiguent des conseils et sensibilisent aux conséquences du tabagisme. Dans le sillage de cette Journée, Sanjay Bandu, vice-président de Ligue Vie et Santé, nous éclaire sur la méthode Plan de cinq jours, introduite à Maurice dans les années 1970 et qui depuis, a aidé des milliers de personnes à arrêter de fumer. Cette méthode est gratuite.
« Il n’y a pas de miracle dans le Plan de cinq jours. On aide le fumeur à utiliser sa bonne volonté pour y arriver. Ceux qui viennent poussés par un parent auront des difficultés à décrocher. Il faut que la volonté vienne du fumeur lui-même », tient d’emblée à préciser Sanjay Bandu. Conçu par le Dr Mac Farland, avec l’apport d’un psychologue, le Plan de cinq jours a été mis en pratique pour la première fois en 1959 aux États-Unis. Le succès viendrait de l’aspect naturel employé dans la méthode. « On n’utilise pas de patchs. On recommande simplement un régime alimentaire : de l’eau, du jus, des fruits, des exercices respiratoires et physiques qui aident à la désintoxication. Alors que les patchs diffusent de la nicotine par la peau, nous, notre but, est d’éliminer la nicotine dans le corps parce que, tant que la nicotine sera là, l’envie de fumer sera là ».
Le Plan de cinq jours comprend trois volets. Après une réunion préparatoire, trois jours avant, le groupe de curistes est appelé à visionner un film sur les méfaits du tabac. Lors d’une autre session, ils suivent une thérapie psychologique. « Le fumeur est accroc à sa cigarette qu’il considère souvent comme son compagnon. Ce soutien psychologique est donc très important pour l’aider à décrocher », dit Sanjay Bandu. Une troisième partie comprend l’aspect physiologique, avec des explications sur les méfaits du tabac sur le corps. « Il s’agit d’évacuer la nicotine du corps le plus rapidement possible afin que le curiste puisse réussir plus rapidement. C’est pourquoi on recommande de boire beaucoup d’eau ».
Chaque curiste reçoit un guide complet pour l’aider à se débarrasser du tabac. Le livret comprend des conseils, des tests pour s’évaluer, des arguments pour arrêter de fumer. Les raisons énumérées sont entre autres : meilleure santé, moins de maladies, respiration plus facile, meilleure santé pour la famille, économie, odorat et goût améliorés.
« Lors de la réunion préparatoire, on encourage les participants à fumer le maximum de cigarettes avant de suivre la thérapie. En effet, si souvent les fumeurs ne décrochent pas, c’est qu’ils n’ont pas fait le deuil de la cigarette », fait voir le vice-président de Ligue Vie et Santé. Nombreux sont ceux, dit Sanjay Bandu, qui viennent avec beaucoup d’espoir alors que d’autres sont plus sceptiques. « Mais, on leur demande de nous faire confiance. Le cinquième jour, en général, les curistes ne veulent plus nous quitter si tant est que les sessions sont intéressantes. En général, dès le premier jour, certains arrêtent de fumer. Et, le troisième jour, la plupart ont arrêté. On leur demande de faire un choix. On leur montre l’image d’un navire dont le moteur ne fait que le propulser. Le gouvernail, lui, guide le navire. De même, le fumeur doit-il pouvoir orienter sa volonté ».
Les sessions se déroulent en général en jours de semaine, en soirée et durent 90 minutes. « Idéalement, on aime travailler avec des groupes de 30 personnes, au minimum, dix personnes. Selon les demandes, on organise les sessions dans diverses parties de l’île ».
Après que les curistes ont réussi à décrocher, on leur suggère de pratiquer des activités telles la musique, le jardinage et le sport en vue de compenser le manque. Une semaine après leur cure, une rencontre a lieu pour faire leur suivi. « Normalement, s’ils ont passé le cap de trois mois, on peut dire qu’ils ont réussi », affirme Sanjay Bandu. « Nombreux sont ceux qui, des années durant, ont essayé d’arrêter la cigarette mais qui n’ont pu y parvenir. Avec le plan de cinq jours, il y a l’effet de groupe aussi qui les aide. Ensuite, ils apprennent à faire appel à leur bonne volonté ». L’argument économique est mis en relief pour décourager les fumeurs. « On calcule les dépenses des gros fumeurs sur dix années. Cela dépasse parfois le million de roupies. En revanche, d’autres qui ont arrêté, ont fait bon usage de cet argent, soit en faisant des voyages, soit de s’offrir des plaisirs ! » Ceux intéressés peuvent contacter Sanjay Bandu au 5732 92 47.