La capitale des Maldives, Malé

Un groupe extrémiste local lié à l’organisation jihadiste Al-Qaïda est responsable du meurtre de trois figures de la société civile des Maldives, dont un journaliste porté disparu depuis plus de cinq ans, selon l’enquête d’une commission officielle maldivienne.

Reporter pour le site indépendant Minivan News, Ahmed Rilwan Abdulla a été enlevé le 8 août 2014 et tué en mer, a indiqué dimanche soir en conférence de presse la Commission présidentielle d’enquête sur les meurtres et disparitions forcées.

Selon Husnu Al-Suood, le président de cette commission mise sur pied par le gouvernement maldivien arrivé au pouvoir l’année dernière, le journaliste recevait des menaces de mort d’un groupe opérant sur Facebook sous le nom Bilad-al-Sham.

D’après l’enquête de la commission, cette organisation extrémiste est également responsable de l’assassinat d’un élu modéré en 2012 et du blogueur libéral Yameen Rasheed en 2017, ainsi que de la tentative d’assassinat d’un autre blogueur libéral en 2012.

Le groupe organisait également le voyage de ressortissants maldiviens en Syrie pour y rejoindre des formations jihadistes.

La disparition de Rilwan avait soulevé une vague d’inquiétude internationale. Les Nations unies et des défenseurs des droits humains avaient appelé l’homme fort d’alors Abdulla Yameen – battu dans les urnes l’année dernière par le candidat de l’opposition – à ordonner une enquête et assurer la sécurité des journalistes indépendants.

D’après la commission d’enquête, le gouvernement Yameen a couvert le meurtre du journaliste dans cet archipel de l’océan Indien à majorité musulmane.

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