Les maraîchers du Marché central peinent à faire le plein de clients, et ce alors que les prix des légumes et fruits sont en baisse. Pour eux, le retour récent des marchands ambulants dans les rues avoisinantes en est la cause, et ils demandent aux autorités compétentes d’agir pour faire respecter l’ordre de la Cour suprême interdisant aux colporteurs d’opérer dans un rayon de 500 mètres du marché.
Exprimant leur colère, les maraîchers disent ne pas comprendre le laxisme de l’inspectorat municipal et de la police à l’égard des marchands de légumes et de fruits qui opèrent illégalement autour du Marché central. Depuis une semaine, disent-ils, les interventions des officiers de la municipalité de Port-Louis (MPL) et de la police se font plus rares. Et ce, rappellent-ils, alors qu’un ordre de la Cour suprême « interdit aux colporteurs d’opérer dans un rayon de 500 mètres autour du Marché Central ». Les autorités compétentes avaient d’ailleurs, depuis septembre 2012, multiplié les efforts afin de faire respecter cet ordre judiciaire. Mais, depuis quelques jours, de nombreux colporteurs opèrent à nouveau en toute impunité. Une situation qu’ont du mal à accepter les maraîchers de Port-Louis. Très remontés, ils indiquent que contrairement aux colporteurs de la capitale, ils paient la taxe afin d’écouler leurs produits dans un « espace sain et réglementé » contrairement aux marchands ambulants, dont les fruits et légumes sont mis à même le sol « dans des conditions insalubres », exposés à la fumée des autobus. « Minisipalite ti bizin veye a seki nou bann drwa respekte. A seki lord lakour Siprem respekte osi. Me kouma dir nou ki bizin fer travay inspekter minisipal ek lapolis », déplorent-ils. Isoop Soobedur, président de la Market Traders Association (MTA), s’interroge : « Dans des conditions pareilles, comment voulez-vous que nous écoulions nos récoltes et nos légumes ? » Car, renchérit-il, « pour de nombreux maraîchers, contrairement aux colporteurs, la vente de légumes et de fruits représente leur seule source de revenus ». Pour la MTA, il est temps que les autorités concernées prennent leurs responsabilités. « Pa lavey ki zafer pou pass lakour ki swadizan lerla lapolis, inspekter minisipal pou travay… », s’insurge M. Soobedur. « Bann dimounn kan zot sorti travay, zot pran legim direk lor sime. Parski bann marsan-la divan zot. Zot nepli fer zefor pou rant dan Bazar », affirme-t-il. Une situation pourtant au détriment des consommateurs, qui ne profitent pas des rabais sur les prix des légumes. « Depuis les inondations, nous avons connu une baisse dans le nombre de clients. Dimounn per pou vinn Por-Lwi aster. Nou nepli gagn klian mem ek prezans marsan anbilan pa amelior nou sitiasion », soutient notre interlocuteur.