Les négociations engagées entre la direction du Dimension International Education Group (Mauritius) Limited (DIEG) et des étudiants népalais en vue du remboursement de leurs frais de cours s’annoncent des plus ardues. Depuis hier après-midi, la situation s’est envenimée avec une déposition de Manish Kumar Kantilall Brahambhatt, directeur de cet institut, situé à Pamplemousses, au sujet d’une lettre de menaces et d’attentat à la bombe si les étudiants ne sont pas remboursés dans les meilleurs délais. Dans la conjoncture, la police assure une surveillance 24 heures sur 24 de l’immeuble abritant cet institut. De leur côté, les étudiants népalais, qui accompagnent Mukesh Jhummun, le Guruji, dans une grève de la faim au jardin de la Compagnie, nient toute connaissance au sujet de ces menaces.
« We just learnt about that question of threats against the DIEG. We know nothing about. It’s only this morning that we learnt about that letter addressed to the school. We have nothing to do with these threats », soutiennent avec force ces ressortissants du Népal au huitième jour de grève de la faim de Guruji. Le but de cette dernière action consiste à permettre à ces étudiants étrangers de bénéficier du remboursement de leurs frais d’études avant de rentrer chez eux.
Outre le fait que les échanges entre direction et les étudiants se déroulent dans un climat tendu, la lettre de menaces d’hier est venue compliquer la situation. Vers les 14 heures, hier, Gounshika Rampol, un des membres du personnel du Dimension International Education Group (Mauritius) Ltd., s’est retrouvé en présence d’une lettre de menaces ne portant aucune signature et aucune date.
Le libellé de la lettre est le suivant : « We Nepalese students, we want to inform DIEG group that we want full refund of our money. If our demand is not taken into consideration, we shall be going for strike. We are foreigners and we are familiar with bomb making and will explode the school to kill directors and staff of d. i. e. g. We are giving an ultimate hour ». Suite à la déposition du directeur de DIEG, la police a adopté des mesures de sécurité autour de l’immeuble abritant les services de cet institut.
Il est un fait que le remboursement des frais de cours réclamé par les étudiants népalais demeure au centre du bras de fer. Sur une liste de 35 étudiants népalais, qui ont effectué des paiements d’un peu moins de Rs 100 000, six ne recevront que des remboursements de moins de Rs 10 000 chacun, somme nullement suffisante pour le paiement du billet d’avion retour pour le Népal.
Onze autres étudiants sont dans la même situation car leurs remboursements sont de l’ordre de Rs 20 000. Les importants remboursements sont de Rs 50 000. Une des conditions imposées par le DIEG est que « the students will be refunded by the stated amount if ever they are in possession of their return ticket or else we will deduct Rs 30 000, the cost of the air ticket ». Les étudiants maintiennent que le remboursement de ce qui leur est dû varie entre Rs 75 000 et Rs 114 000.
Une réunion convoquée, hier, au siège du DIEG à Pamplemousses en vue de discuter des modalités du remboursement a été annulée car les étudiants népalais et leur conseil légal, Me Ravi Rutnah, ne s’y étaient pas rendus. Les échanges devaient se faire en présence des représentants de la Mauritius Qualifications Authority.
Justifiant la décision de boycott de cette réunion, le Guruji a fait état d’une menace d’expulsion qui pèse sur les étudiants népalais. Lors d’une précédente réunion, la première phrase prononcée par le directeur en présence d’un responsable du Passport & Immigration Office est : « Il faut que les étudiants retournent à l’école sinon ils seront déportés à la fin de l’expiration de leur visa. » Pour le Guruji, avec une telle approche, les étudiants étrangers ne disposent d’aucune marge de négociations d’autant que la MQA a fait valoir qu’il ne peut discuter au nom du Dimensional Education Group (DIEG).
La formule agréée reste les contacts entre les conseils légaux des deux parties. Les étudiants étrangers comptent rencontrer la presse pour faire état de leurs problèmes. « Comment feront ces enfants qui doivent subvenir à leur loyer, entamer des démarches pour rentrer au Népal, payer leur billet de retour. Ne devront-ils pas puiser dans la somme remboursée ? Que leur restera-t-il finalement ? », s’interroge le guru gréviste de la faim.
Pour toutes ces raisons, Mukesh Jhummun compte poursuivre sa grève de la faim tant qu’un minimum viable ne soit remboursé aux étudiants et qu’une solution à la satisfaction de ces derniers ne soit trouvée.