Le sort des 178 employés de la Mauritius Stationery Manufacturers (MSM) Ltd, préoccupe la Confédération des Travailleurs du Secteur Privé (CTSP). Ces employés sont dans l’incertitude quant à leur avenir, a affirmé la confédération lors d’une conférence de presse vendredi dernier.
L’année dernière, 512 licenciés de la MSM Ltd ont eu droit au paiement d’une indemnité de licenciement. Les 178 employés qui sont restés dans l’entreprise afin de la « redresser » réclament le même droit si celle-ci venait à fermer. « Depuis l’année dernière, on les a informés qu’il y a une possibilité que la compagnie ferme mais il faut attendre jusqu’au 4 février afin de savoir ce qu’il en sera. Les 178 travailleurs qui sont restés l’année dernière ont un grave problème dans le sens que les 512 employés licenciés en 2013 sont partis avec un joli package. Ceux qui sont restés se sont sacrifiés pour l’usine. Et maintenant, koumadir zot retrouve zot lors pave », a déclaré Jane Ragoo de la CTSP. La confédération suggère de « puiser dans le fonds CSR du groupe GML, qui doit donner à ceux qui ont produit la richesse de cette compagnie ».
Le président de la CTSP, Reeaz Chuttoo, a pour sa part soutenu que « plusieurs délégations du Bureau international du travail (BIT) sont venues à Maurice afin de dire au gouvernement de revoir sa policy. Ce n’est pas normal que le groupe GML, qui fait des profits par milliards, laisse ses travailleurs partir sans un sou ». La CTSP compte écrire au ministre du Travail Shakeel Mohamed et à celui des Finances Xavier-Luc Duval afin de les tenir au courant de la situation des travailleurs de la MSM. « On ne peut pas laisser ces travailleurs sortir perdants. Ils ont une part de responsabilité en tant respectivement que ministre du Travail qui est censé protéger l’emploi et ministre des Finances qui présente les mesures budgétaires. Les travailleurs leur demandent leur support parce que ce sont les décisions politiques qui peuvent faire bouger GML », soutient la CTSP. Celle-ci suggère notamment au gouvernement que des amendements soient apportés à la loi régissant la Corporate Social Responsibility. Le 7 février, la CTSP organisera une grande assemblée pour décider des actions syndicales à prendre dans ce contexte.
De son côté, dans un communiqué, le groupe GML affirme : « Il été rapporté à GML que certains employés de MSM ont exprimé leur mécontentement quant aux conditions financières et humaines qui prévalent actuellement au sein de l’entreprise. Cette situation est effectivement difficile et nous attriste. Néanmoins, suite à la mise sous administration judiciaire de MSM, en novembre 2013, les actionnaires, y compris GML, n’ont plus aucun contrôle sur les décisions qui sont et seront prises concernant l’avenir de la compagnie. La mise sous administration a été une décision difficile à prendre mais l’état déplorable des finances et un « cash flow » critique ne permettaient plus à la compagnie d’opérer sereinement malgré tous les efforts fournis par les équipes de GML et de MSM pour redresser la barre. Ce n’est, d’ailleurs, qu’après avoir évalué et mis en place plusieurs plans de restructuration ces trois dernières années que le conseil d’administration a préféré confier les rênes à un administrateur pour sortir MSM de cette situation. La motivation principale du conseil d’administration et des actionnaires a toujours été de préserver les emplois et de permettre à la compagnie de survivre. Et la décision de placer MSM en redressement judiciaire était la meilleure solution et le dernier recours ».