Temps de solitude et d’isolement, morne comme des années de bagne.Vous vous sentez comme pris au piège ; embastillé pour un crime que vous n’avez point commis. C’est pour votre survie et votre bien-être que la loi vous enferme. Sed lex, dura lex comme disent les anciens. En effet la loi est dure. Nous n’avons guère le choix dans la « guerre » menée contre ce satané virus. Nous sommes donc en guerre, à en croire les paroles du grand Macron. La libre expression permet cependant de douter…

Pardonnez mon anti-conformisme si vous vous sentez trompé. N’est-ce pas se moquer de la bouche des pays en guerre que  dire cela ? Emmanuel n’est pas sans savoir que certains pauvres pays notamment africains sont quasiment en perpétuelle situation de crise sanitaire et de crise belliqueuse. En effet, avant même la pandémie, des gens mouraient chaque jour de famine ou sous les balles et sautaient sur des mines antipersonnel dans l’indifférence la plus abjecte des médias occidentaux. Voilà le monde dans lequel nous vivons.

Certes, il n’y a pas ici des snipers qui, au haut d’un building, essaient de vous dégommer à chaque fois que vous mettez le bout du nez hors de votre maison-prison. Les rues ne sont pas non plus pavées de mines antipersonnels pour vous arracher une jambe si vous ne regardez pas où vous foutez les pieds ! N’est-ce pas un poil exagéré que de répéter avec emphase : nous sommes en guerre ? Nous devons certes nous protéger et nous munir de masques pour nous prémunir du danger.

Ce virus n’est pas moins mortel que des coups de machette dans la nuque ou une rafale de kalashnikov. Vous avez peur de mourir dans l’indifférence ? N’ayez crainte citoyens. Vous ne risquez, au pire, que d’être qu’un chiffre qui viendra grossir le compte macabre dont les honorables Zoubert ou Kailesh vous font courageusement part chaque soir. Faisons preuve de compassion car ces compagnons d’infortune sont envoyés au front pour nous informer personnellement. Mais pourquoi donc se substituer aux journalistes de notre respectable télévision ?

Changeons de sujet. C’est si fragile une vie. Vous commencez à vous en apercevoir. Beaucoup parmi vous êtes habités par la crainte de perdre des proches. Ceux que vous aimez. Ceux qui vous aiment. Alors, mes ami(e)s ça fait quoi de prendre conscience que l’on risque de trépasser… sinon un de ses proches de constitution fragile? Vous n’aimez pas aborder ce sujet. Cela vous met mal à  l’aise, vous colle le cafard. Vous ne voulez surtout pas vous faire entuber aux urgences. I see you !

Vos nerfs vont crasher dans pas longtemps si la situation perdure. Des banques risquent de s’effondrer comme de précaires châteaux de cartes par un effet domino. Le paille en queue pèse lourd dans la balance (ne parlons pas de dettes contractées, pour rester à flot, auprès de banques qui risqueraient aussi de se casser la gueule). Notre oiseau ne semble pas près de redéployer ses ailes pour s’envoler. Alors je sens l’enfer s’ouvrir sous mes pieds. Et j’entrevois Lucifer qui me fait un clin d’œil pour me souhaiter la bienvenue…