La dernière enquête de conjoncture trimestrielle réalisée par la Mauritius Chamber of Commerce and Industry (MCCI), qui a été rendue publique ce matin, montre que la confiance des entreprises a augmenté au 4e trimestre 2015 de 6%. Ce résultat a été observé après une baisse de 1,9% observée au 3e trimestre.  À noter que cette augmentation de 6% est le plus haut niveau depuis 2012.
« Sur l’année écoulée, l’évolution de l’indice n’a pas été homogène. Après un premier trimestre très favorable, avec une hausse de 6,5%, les 2e et 3e trimestres ont été plus laborieux, avec des taux de croissance de +2,2% et -1,9% respectivement », constate Renganaden Padayachy, économiste à la MCCI. Ce dernier souligne toutefois que le niveau de l’indicateur demeure largement en dessous de la moyenne des 100 points de base. « Sur toute l’année, l’indicateur n’a pas franchi la barre des 100 points (la moyenne du long terme) et est resté en territoire statique », souligne-t-il. Renganaden Padayachy ajoute que l’évolution de l’indice de croissance est confirmée par le chiffre de la croissance économique pour 2015, qui est de 3,4%, taux similaire à celui de 2014.
 Depuis 2012, la croissance économique est statique et déséquilibrée, évoluant entre 3,2% et 3,4%. « Ce niveau de la croissance économique est insuffisant pour enclencher une véritable dynamique de la demande et, ainsi, faire baisser durablement le taux de chômage », affirme l’économiste. « La raison déterminante est qu’une des principales composantes de la création de richesse est en contraction. En effet, depuis 2012, le taux de croissance de l’investissement est négatif », souligne-t-il.
Renganaden Padayachy attribue cette décroissance au fait que certaines entreprises répondent à la chute de la demande et à la baisse de leurs profits en réduisant volontairement leurs dépenses d’investissement. Or, l’investissement est l’une des principales composantes de la production. Il est à la fois un facteur de l’offre et une composante de la demande. « En investissant, les entreprises augmentent leurs capacités de production et l’offre tend donc à augmenter. Si une entreprise investit, c’est qu’elle achète par définition des machines ou autres moyens de production à d’autres entreprises », a-t-il expliqué.
Selon Renganaden Padayachy, l’économie mauricienne est, depuis quelques années, dans une phase où l’offre est supérieure à la demande, avec pour résultat la désinflation et la non-inversion de la courbe du chômage. « En l’état actuel, la reprise économique à court et moyen termes est conditionnée par la reprise de l’investissement global. Cette dernière dépendra fortement de la politique publique, en particulier s’agissant des mesures d’incitations fiscales », conclut l’économiste de la MCCI.