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  • Le projet de loi annoncé par le GM sortant annulant l’examen et figurant à l’agenda du 8 octobre n’a pu être présenté

Son prédécesseur n’a pas eu le temps de présenter au Parlement le projet de loi figurant à l’agenda des travaux du 8 octobre, et qui avait pour objectif l’abolition de l’examen d’entrée à l’internat. Ce dossier devrait figurer parmi les priorités du Dr Kailesh Jagutpal, nouveau ministre de la Santé, car cet examen se tient en principe deux fois l’an, soit en juillet et en novembre.

Pour l’heure, 166 aspirants médecins, dont plus de la moitié avait échoué au dernier examen, le 27 juillet dernier, attendent une place pour l’internat. Cet examen, très controversé depuis le début, a été introduit à l’époque où Anil Gayan était ministre de la Santé.

« C’est un véritable stress pour moi et pour mes parents. Je suis rentré depuis plus d’une année et je n’ai pas encore commencé l’internat. Je n’ai pas eu la chance au dernier examen et, pourtant, je m’étais bien préparé. On ne sait pas si le nouveau gouvernement ira de l’avant avec la décision prise par les anciens dirigeants concernant l’abolition de cet examen d’entrée. Medical Council dir ki zot pa kapav donn enn repons lor la parksi sa pa konserne zot », nous dit un aspirant médecin sur un ton inquiet.

D’après les données du Medical Council, 166 diplômés en médecine doivent obligatoirement passer par l’internat. Au bout de ce stage de 18 mois, ils doivent, selon la loi, prendre part à un examen pour l’obtention de leur Certificate of Registration, leur donnant le droit d’exercer. Le Medical Council est conscient que ces aspirants médecins et leurs proches attendent impatiemment une communication du nouveau gouvernement au sujet de l’examen d’entrée à l’internat.

« Nous ne pouvons donner de réponse à ces aspirants médecins car nous ne sommes pas concernés par l’organisation de l’internat, ni par cet examen d’entrée. En revanche, le Medical Council est concerné directement par l’examen visant l’enregistrement des médecins après le stage d’internat », souligne le Dr Shyam Purmessur, président du Medical Council.

La loi pour l’introduction d’Entry Examinations au stage d’internat dans les hopitaux publics avait été votée lors du Finance Bill en 2016. « Entry examinations for pre-registration trainees shall be conducted by an independent body of international repute under the aegis of the Council before such trainees are enlisted by the Ministry », peut-on lire dans la Medical (Amendement) Act 2016. Les premiers examens ont eu lieu en novembre de la même année.

Cependant, la tenue de cet examen a toujours donné lieu à des grincements des dents, tant parmi les médecins du public que ceux du privé, et a toujours suscité une grande déception en raison du faible taux de réussite. À titre d’exemple, aux examens du 27 juillet dernier, seuls 34% des 133 candidats avaient réussi, dont plusieurs n’en étaient pas à leur première ni à leur deuxième tentative.

Depuis la première édition, le mécontentement et les critiques des candidats sont axés principalement sur le contenu du questionnaire, préparé par le National Board Examinations of India (NBEI). Cet organisme indien prend également en charge la correction des scripts.

« Nous avons entendu beaucoup de critiques depuis 2016 sur les questionnaires et nous prenons note de la colère de ces jeunes aspirants médecins. Mais nous ne sommes pas en mesure de dire si leurs critiques sont fondées ou pas, parce que l’examinateur indien ne nous a jamais donné de copie, malgré nos fréquentes demandes. En l’absence de ces documents, nous ne pouvons non plus faire de comparaisons avec ce qui est proposé au niveau international », explique au Mauricien le président du Medical Council.

L’abolition de cet examen d’entrée à l’internat nécessite un amendement à la Medical Act. L’ancien ministre de la Santé était d’ailleurs prêt avec le projet de loi, qui était inscrit à l’agenda des travaux parlementaires du 8 octobre. Sauf qu’entre-temps, l’Assemblée a été dissoute. « To amend the Medical Council Act to remove the requirement that a person be required to undergo an entry examination before being registered as a pre-registration trainee », peut-on lire dans le texte proposé.

Le nouveau ministre de la Santé n’est pas contre l’annulation de cet examen pour l’internat et connaît d’ailleurs le dossier pour avoir occupé le poste de président du Medical Council jusqu’à sa démission, en juillet dernier. Son entourage souligne qu’il est au courant du dossier et de « la situation difficile de ces jeunes aspirants médecins, qui n’arrivent pas à débuter leur carrière ».

« Le nouveau ministre a dit qu’il ira dans la continuité par rapport au travail entrepris par son prédécesseur. Cette question relative à l’examen pour l’internat est certes importante, mais il y a aussi d’autres sujets qui sont sur la liste des priorités du nouveau ministre. Il doit suivre les procédures et discuter avec toutes les parties concernées au sujet de tous les aspects concernant l’internat », disent des officiers du ministère de la Santé.