Au cours de son intervention au meeting de l’alliance MSM-MMM à Port-Louis, ce mardi 1er mai, Sir Aneerood Jugnauth a affirmé que le rachat de l’ancienne clinique MedPoint par l’Etat en vue d’en faire un hôpital gériatrique avait été décidé avant les législatives de 2010, soit avant même la concrétisation de l’alliance bleu-blanc-rouge. SAJ a soutenu que l’ancien ministre de la Santé, Rajesh Jeetah, avait reçu l’ex-directeur de MedPoint, le Dr Krishan Malhotra, et qu’il était convenu que MedPoint était « the best option »; le ministre Jeetah, a poursuivi l’ex-président de la République,  aurait même demandé aux autorités compétentes d’user du « fast track » pour activer les choses. Il a soutenu que les spécifications pour qualifier la dite clinique avait été « tailor-made » à la suite d’une conversation avec le Dr Malhotra.
« Dimoune dire mo fine démissionné pour sauve mo piti. C’est complètement faux ! Pravind assez grand pour défend li. Li ene avocat après tout », a expliqué le leader du remake 2000. Pour SAJ, c’est lorsque le scandale a éclaté « qu’on a tout voulu mettre sur le dos du MSM ». Pourtant, affirme par ailleurs Aneerood Jugnauth, Maya Hanoomanjee et Pravind Jugnauth ont insisté auprès du PM pour qu’on n’aille pas de l’avant avec l’achat de la clinique Medpoint. Pravind Jugnauth a même déclaré ses intérêts et n’a pas assisté au volet du conseil des ministres concernant l’achat de Medpoint ; « Apres coup mone conclure ki Navin Ramgoolam ti ena agenda caché.Il s’était servi du MSM pour remporter les élections et continie faire se ki li envi », devait-il faire ressortir.
SAJ a mis en garde l’Independent Commission Against Corruption (Icac), qui devra rendre des comptes le moment venu, dit-il, pour  avoir provisoirement inculpé Pravind Jugnauth  dans l’affaire MedPoint alors que deux autres ministres d’alors Rajesh Jeetah et Rashid Beebeejaun ne sont eux que « des témoins » .
L’ex-président de la République est aussi revenu sur l’affaire du vol survenu au campement du Premier ministre à Roches-Noires en juillet dernier où, avance-t-il, un couteau a été mis sous la gorge d’un participant à cette soirée, et ce dans la lignée de la fameuse « Macarena Party » de 1997. Il a évoqué deux déclarations du PM concernant ce vol où celui-ci a parlé d’abord d’une Rolex unique puis de deux Rolex, pour relever ce qu’il appelle « les mensonges du PM » dans cette affaire ; où un chef de gouvernement a dû quitter Vacoas au beau milieu de la nuit pour se rendre à Roches Noires et demander à son locataire, « un partenaire d’affaires du PM » selon SAJ, de faire une déposition à la police pour s’être fait voler Rs 20,000. Par ailleurs, le leader du Remake 2000 a fait de graves allégations concernant la mort du détenu Anand Kumar Ramdhony,  arrêté à la même époque que celle du vol de Roches-Noires. SAJ remet en question la thèse du suicide et avance l’idée « qu’il fallait absolument faire taire le prisonnier ». Qui plus est, il ne s’explique le fait que des policiers d’un poste de police en particulier aient été mutés et le point que le « scene of crime » n’ait pas été « secured » pour la police scientifique. SAJ a promis de rouvrir ce dossier lorsque l’alliance MSM-MMM retournera aux affaires.
Apres avoir expliqué qu’il a quitté son bien-être et son « light job » du Réduit pour le terrain politique vu que « le peuple souffre et que l’argent manque dans les familles », Aneerood Jugnauth a aussi critiqué Navin Ramgoolam pour sa « mauvaise gestion » de l’économie du pays, et son manque d’efficacité dans la lutte contre la pauvreté et le trafic de drogue. Le PM a subi de vives critiques quant à la « dégradation » du Law and Order dans le pays.
« Roche-Noires-Gate » : Bérenger accuse Ramgoolam d’avoir menti
Auparavant, lors de ce meeting du 1er-Mai, le scandale MedPoint, l’affaire de Roches-Noires et le « passeport britannique de Ramgoolam »…avaient aussi fait l’objet de l’intervention du leader de l’opposition, Paul Bérenger, qui, en fin de discours, devait saluer « le courage » de Sir Aneerood Jugnauth. Le leader mauve a clamé sa fierté de partager ce meeting du 1er Mai 2012 avec SAJ en dépit de quelques accidents de parcours…
Le leader du MMM a surtout pris pour cible le Premier ministre dans l’affaire de Roches-Noires-Gate survenue en juillet 2011. Il l’accuse d’avoir menti dans ce contexte, en comparant ce « mensonge » à celui du président américain Richard Nixon qui avait dû démissionner dans l’affaire Watergate. Il y avait, selon les dires de Paul Bérenger,  une demi-douzaine de personnes présentes dans le campement du PM le jour du vol. Il a mis au défi Navin Ramgoolam  de rendre publics les noms de ceux présents sur les lieux, la liste des policiers qui ont convergé vers Roches-Noires ce jour-là, de même que la liste de tous ceux arrêtés dans le sillage de cette affaire. Paul Bérenger dit s’interroger également sur des photos des suspects qui auraient été présentées à la victime au lieu d’une parade d’identification.
Paul Bérenger a condamné le fait que Navin Ramgoolam ait pu participer aux législatives et devenir le PM alors qu’il possède un  « passeport britannique ». Selon le leader de l’opposition, les Constitutions de l’Inde et de l’Australie ne permettent pas à leurs citoyens de participer à des législatives s’ils détiennent des passeports étrangers. La Constitution mauricienne, indique le leader du MMM, le permet compte tenu d’une clause introduite en 1976 par SSR qui fait exception à ceux provenant d’un pays membre du Commonwealth. Paul Bérenger a réclamé un amendement à ce chapitre de la Constitution  par respect « aux Chagossiens ». Il se demande comment un dirigeant peut-il réclamer la souveraineté de Maurice sur l’archipel des Chagos auprès des Britanniques s’il détient lui-même un passeport britannique. Les Mauriciens détenant un passeport étranger devront  non seulement être disqualifiés comme Premier ministre mais aussi comme membre de l’Assemblée nationale, affirme le leader du MMM.
Le leader du  MMM est lui aussi revenu sur le dossier MedPoint, affirmant que le MMM avait pointé du doigt l’ancien ministre de la Santé, Rajesh Jeetah, et le Premier ministre, Navin Ramgoolam, « dès le début de l’éclatement de cette affaire ». Il a promis de «  tasse ek Ramgoolam et Jeetah » le moment venu. Entretemps il réclame du Directeur des Poursuites publiques et de la Cour un « early  trial », si besoin, concernant le cas de Pravind Jugnauth.