Avec la présentation officielle du Metro Express par le Premier ministre Pravind Jugnauth, lundi, les habitants de Quatre-Bornes sont à la fois appréhensifs et curieux. Week-End a rencontré quelques habitants de l’Avenue Victoria.
La mairie de Quatre-Bornes  enlèvera toute la verdure de la promenade Gérard Bruneau, sur l’avenue Victoria et fera évacuer le site de l’emplacement de la foire municipale des rues Doyen et Ollier. C’est ce qui ressort de la déclaration de Pamela Ayacanoo, mairesse par intérim, au Mauricien. Une nouvelle accueillie avec appréhension par les habitants de la région.
Samedi, tout est calme. Quelques habitants se baladent à vélo, d’autres font leurs emplettes. Vishal, âgé d’une trentaine d’années, est né à Quatre-Bornes à quelques mètres de la promenade Gérard Bruneau. « Mo finn ne isi ek mo travay isi mem roman mekanisien. Pou mwa, mo pa trouve sa proze-la neseser », dit-il. Pour lui, ce projet représente de l’argent jeté par les fenêtres. « Le nombre d’heures que cela prendra à une personne pour aller d’un endroit à un autre et le prix que cela va nous coûter n’ont aucun sens. Au lieu d’investir dans ce projet, l’Etat aurait pu réparer les nids de poule sur cette route », explique-t-il.
Vassoo tient une petite tabagie à côté de l’emplacement de la foire qui a été hier transformée en petite piste pour auto-école. Il habite la ville depuis plus de 30 ans. « C’est un bon projet. Si l’Etat va de l’avant avec ça, cela veut dire que nous allons vers le progrès. Mais on ne sait pas encore ce qui nous attend, il faudra d’abord voir ce que cela va donner avant de se prononcer. Nou pa kone », confie-t-il.
Même discours du côté de Parvez, habitant de Rose-Hill, mais qui gère un petit magasin depuis dix ans à Quatre-Bornes. « Mes clients sont dans l’incertitude. Ils attendent. Mais ce qui est triste dans tout cela, ce sont surtout ces familles qui doivent partir. Ils ont vécu ici, ils doivent tout laisser, leurs souvenirs, leurs maisons. C’est bien triste », dit Parvez. Il ne sait pas quelles en seront les conséquences sur son petit commerce. « J’ai mes clients habituels qui s’en vont. On verra bien ce que cela va donner. »
Saheeda sert quelques clients dans la petite boutique de la localité. Ce Cold Storage existe depuis des années. « Proze-la bon me nou pa kone si li pou deranz nou travay. Eski nou pa kapav trouv lot kote sime ? Dimounn pa pou kapav traverse », se lamente-t-elle. Elle nous confie que quelques-uns de ses clients ont déjà reçu leur lettre et qu’ils devront partir. « Later zot gran dimounn sa. Me ki pou fer ? », dit Saheeda.
Les habitants profitent une dernière fois des bancs de la promenade, pour papoter ou pour faire leur jogging. « Mo sagrin pou nepli ena tou sa verdir-la. Se nou patrimwann ki pe ale », déplore Désiré Philippe. Il s’est arrêté pour nous parler. « Mo poz ou enn kestion : eski li ti vreman neseser fer sa proze-la ? », nous dit-il, sur sa bicyclette.