L’autopsie pratiquée sur le cadavre de Rachelle Géraldine Rose (22 ans), dans le cadre de l’enquête policière initiée sur son meurtre commis dimanche dernier à Cité Argy, Flacq, laisse imaginer le véritable calvaire qu’a vécu la jeune femme entre les mains de son ex-fiancé. En effet, le rapport de cet exercice indique que la Curepipienne a été victime de 31 coups de couteau sur différentes parties du corps, dont un fatal au niveau du coeur. De son côté, le présumé meurtrier, Thierry Agathe (22 ans), qui a tenté de mettre fin à ses jours après son acte de folie – et qui est toujours sous surveillance policière à l’hôpital de Flacq –, s’évertue à vendre aux enquêteurs la thèse que son ex-fiancée s’est suicidée.
Les informations recueillies par Le Mauricien dans le giron des enquêteurs de l’Eastern Division dans la matinée tendent à confirmer que, parmi les 31 coups de assenés, deux ont touché le cou et le dos de Géraldine Rose. Le coup fatal, selon les conclusions du rapport d’autopsie du médecin légiste, a été celui ayant perforé le coeur de la jeune femme. Après avoir essuyé ses premières blessures, la victime a tenté en vain de s’échapper du domicile de la grand-mère de son ancien fiancé. La grand-mère maternelle de Thierry Agathe s’était rendue à une fête au moment des faits et ignorait la présence de la jeune femme chez elle. L’autopsie devait également permettre de révéler qu’une deuxième arme, autre que le couteau saisi sur les lieux peu après ce drame passionnel, a été utilisée pour commettre le meurtre atroce de la Curepipienne. Se basant sur les indications du Police Medical Officer, les enquêteurs de la police, dont les éléments du Scene of Crime Office, ont prévu de retourner à Cité Argy dans la journée d’aujourd’hui en vue de rechercher un tournevis.
D’autre part, environ 48 heures après ce meurtre atroce – avec comme toile de fond une histoire de coeur –, le présumé meurtrier est toujours admis à la salle 7 de l’hôpital de Flacq, où il a été placé sous forte surveillance policière. Dans ses premiers échanges avec les hommes de la Criminal Investigation Division, Thierry Agathe s’est engagé dans une tentative désespérée de faire croire que son ex-fiancée s’est suicidée après une dispute survenue dimanche après-midi. Cette thèse est balayée d’un revers de par les enquêteurs, compte tenu des « evidences » relevées jusqu’ici contre le suspect. Dans le milieu des enquêteurs, on indique que la version du jeune homme ne tient absolument pas la route au vu des deux blessures essuyées par la victime à l’arrière de son cou et au niveau du dos, et surtout compte tenu du nombre de coups de couteau que Géraldine Rose a reçu.
Après ce bref exercice de « questioning » avec les responsables de l’enquête policière sur son lit d’hôpital, soit dès que le médecin autorisera sa « discharge », Thierry Agathe devra subir un interrogatoire des plus serrés. Aux dernières nouvelles, il semblerait que son état se soit stabilisé et qu’il est hors de danger. Lors de l’interrogatoire complet à venir avec la police, le suspect devra faire la lumière sur les circonstances de ce cas, qui est présenté comme étant un meurtre passionnel. Les indications disponibles auprès des connaissances de la victime indiquent que Thierry Agathe n’aurait pas digéré le fait que son ancienne fiancée ait pris la décision de s’engager de manière formelle avec un autre homme. Le suspect devra aussi sans doute revenir sur sa tentative de suicide de vendredi, où il s’est mutilé son bras à la suite une virulente dispute pendant une conversation téléphonique. L’enquête policière se poursuit.
Par ailleurs, les funérailles de Géraldine Rose sont prévues demain en l’église de St-Thérèse, à Curepipe. Le père de la victime, actuellement à l’étranger, est attendu à Maurice pour la cérémonie.