Quatre ans après le meurtre de Stacey Henrisson, dont le corps a été retrouvé dans un ravin à Plaine-Champagne, le 13 mai 2012, le procès devant les Assises intenté à Jayraj Sookur a connu son dénouement cet après-midi. Reconnu coupable par la majorité des jurés vendredi dernier du meurtre de sa belle-fille, Jayraj Sookur a été condamné par le juge Benjamin Marie-Joseph, qui a présidé ce procès, à une peine de prison de prison à vie, équivalent à 60 ans de prison. Pour le juge, étant donné la gravité du délit et les circonstances entourant le crime, il fallait appliquer une sentence sévère. Jayraj Sookur a fait part de son intention de faire appel de la sentence.
Le procès de Jayraj Sookur, qui a tenu le pays en haleine pendant quatre semaines, a pris fin cet après-midi, après l’énoncé de la sentence par le juge Benjamin Marie-Joseph. Tout juste avant, lors des plaidoiries présentence, la poursuite, menée par Me Mehdi Manrakhan, s’était adressée à la cour sur les circonstances de ce meurtre et sur la peine de prison adéquate. Me Manrakhan a préconisé dans un premier temps la servitude pénale à vie, faisant état d’un acte « odieux qui ne mérite aucune clémence ». Cependant, en prenant en compte les dispositions de la loi, la poursuite a préconisé pas moins de 60 ans de prison. Me Manrakhan a soutenu dans sa plaidoirie présentence que Jayraj Sookur avait calculé son coup et a agi sans aucun respect pour sa belle-fille, « qu’il aurait dû protéger au lieu de la tuer », ajoutant que Sookur avait méticuleusement planifié de la tuer afin de s’emparer de l’héritage de sa belle-fille, « qui était devenue un obstacle dans sa quête pour s’emparer de tout son héritage laissé par son défunt père ». Selon la poursuite, Jayraj Sookur avait aussi bien planifié où il allait se débarrasser du corps de Stacey Henrisson. « The body was dumped like that of an animal with no respect whatsoever », a poursuivi Me Manrakhan. Ce dernier devait aussi soutenir que la manière dont le corps a été retrouvé, soit à moitié nu, indique qu’il a dû y avoir des actes de relations sexuelles avant la mort. Me Manrakhan a aussi tenu à faire part du comportement de Jayraj Sookur lors du procès. « Il n’a pas manqué d’user de tout un stratagème pour se sortir de ce crime odieux, allant jusqu’à inciter sa fille Maryssa à venir débiter des mensonges en cour », a-t-il soutenu.
Me Avineshwar Dayal, l’homme de loi de Jayraj Sookur, a pour sa part demandé au juge de bien évaluer la pertinence des propos de la poursuite, étant donné que les jurés n’ont pas donné de raisons explicites après avoir reconnu coupable son client à une majorité de 7 contre 2. Me Dayal a demandé à la cour de prendre en considération l’âge de l’accusé et le fait qu’il n’a pas eu de démêlés avec la justice auparavant. Il a soutenu que l’acte de son client n’était pas planifié et qu’aucune arme ou objet quelconque n’ont été saisis dans le sillage de cette affaire.
S’adressant à la cour lors de cette audience présentence, Jayraj Sookur a réitéré qu’il est innocent. « Je remercie la cour pour son temps et sa patience. Depuis le début je clame mon innocence et je le maintiens. Je n’ai rien à faire avec ce crime. Stacey était comme ma fille et restera mon enfant. Je demande la clémence de la cour pour la sentence ».
Pour rappel, c’est partiellement dénudée dans un sac en plastique jeté au fond d’un ravin à Plaine-Champagne que Stacey Henrisson avait été découverte le 13 mai 2012, le corps en état de décomposition, par des randonneurs. Deux suspects ont été arrêtés quelques jours plus tard, Jayraj Sookur, compagnon de la mère de Stacey Henrisson, accusé de meurtre, et son chauffeur Ramdassen Tany, pour complicité dans ce meurtre. Ce procès très médiatisé qui a duré environ quatre semaines a vu défiler une trentaine de témoins, dont les proches et parents de la victime, venus faire état des appels à l’aide de l’adolescente, et aussi de ceux impliqués dans l’enquête policière, venus faire la lumière sur le meurtre.