La MauBank engloutit des milliards de roupies provenant de l’argent des contribuables, a déploré Paul Bérenger samedi lors d’une conférence de presse du MMM. Le leader de l’opposition a accusé le ministre des Finances de fausser les règles du jeu économique. « Nous sommes dans une économie de marché. Il faut qu’il y ait une concurrence loyale entre les différentes banques », a-t-il soutenu.
Pour Paul Bérenger, le gouvernement est coupable d’avoir assassiné la Bramer Bank de manière cynique et volontaire. Il a cité, pour cela, les retraits effectués successivement en janvier de l’année dernière par Pravind Jugnauth (Rs 4 M), par sir Anerood Jugnauth (un peu moins d’un million), par le ministre Roshi Bhadain (Rs 6 M). En mars, sous la poussée du gouvernement, les corps para-étatiques ont effectué des retraits de l’ordre de Rs 4 milliards. Pour le leader du MMM, ces retraits sont choquants. Il est revenu sur le fait que Vishnu Lutchmeenaraidoo avait annoncé sa décision d’annuler la licence bancaire de la Bramer Bank, qui devait être prise en charge par la SBM. C’est lorsque celle-ci a refusé d’exécuter les ordres du ministre des Finances que la NCB a été créée, obtenant son permis d’opération immédiatement. Résultat : le gouvernement a été obligé d’injecter Rs 700 M. « Personne ne sait à partir de quels fonds publics cet argent a été puisé », souligne-t-il.
S’agissant de la MPCB, Paul Bérenger a observé que Rs 1,5 milliard ont été injectées dans cette banque à l’époque. Pire encore, le gouvernement a été obligé d’injecter Rs 500 M dans la Poste. Auparavant, cette dernière avait 44 % d’actions dans la MPCB et se retrouve actuellement avec 10 %. Alors que le gouvernement intervenait dans la création de la NCB et le soutien de la MPCB, le ministre des Finances annonçait dans son budget la création d’une SME Bank et la mise à sa disposition d’un montant de Rs 10 milliards sur une période de cinq ans, pour venir en aide aux PME, nécessitant un capital de Rs 200 M au départ.
Concernant la MauBank, Paul Bérenger a rappelé que, comme l’a annoncé le ministre des Finances en septembre de l’année dernière, Rs 4,4 milliards y ont été investies. Ce qui l’a amené à s’interroger sur l’existence d’un “level playing field” dans le système bancaire. « Nous sommes dans une économie de marché. Il faut qu’il y ait une concurrence loyale entre les différentes banques. Or, on lance une banque avec l’argent des contribuables et on bénéficie d’un apport de Rs 10 milliards des fonds publics. Avez-vous déjà vu une banque commerciale bénéficier d’une garantie gouvernementale ? » a-t-il lancé.
Paul Bérenger souligne que la MauBank est en concurrence directe avec la SBM. Il s’étonne que la MauBank soit présentée comme la troisième banque du pays, alors que son Chief Executive, recruté par le ministre des Finances, n’est même pas mauricien. Il s’est finalement élevé contre le fait que la Banque de Développement soit devenue une “debt collecting institution”. Il a qualifié cette décision de « ridicule » et d’« irresponsable », en soulignant que la Banque de Maurice aura à rendre des comptes à l’avenir.
Le leader de l’opposition, en réponse à des questions de la presse, considère que l’ICAC n’a pas sa raison d’être et devrait « être dissoute ». De plus, il a qualifié de « fuite » l’annonce du ministre des Finances au niveau de l’investissement de Rs 52 milliards dans la création de Smart Port-Louis, d’autant plus que selon le ministre ce projet sera entièrement financé par le secteur privé.