« Nous savons tous qui sont les responsables dans le contexte des inondations du 30 mars dernier qui ont fait 11 morts, mais nos adversaires veulent que ce soit la mairie qui endosse tout le blâme ! » ont lancé les dirigeants, députés et conseillers du Remake 2000 lors du meeting nocturne hier à La Tour-Koenig (N° 1). Chaque orateur a ainsi voulu prouver, chiffres et faits à l’appui, que la municipalité et les élus du MMM-MSM ont assumé leurs responsabilités dans toute cette affaire.
Rejetant les critiques faites contre le lord-maire Aslam Hosenally, en mission lors de ce 30 mars fatidique, Dorine Cheekuree, qui en sa qualité d’adjointe assumait la suppléance, raconte comment elle avait vécu ces inondations meurtrières. Elle se trouvait à ce moment-là avec sa famille au Champ-de-Mars où devait être courue la Duchesse.
Dès que le MTC a pris la décision d’annuler cette journée de courses, Dorine Cheekuree a mis le cap sur la mairie, d’où elle a pris contact avec des cadres municipaux et les députés concernés.
« Travay finn komans lamem. Landimin matin, nou tou finn reuni dan minisipalite », raconte l’adjointe au maire. Le premier geste a été de fournir 400 repas chauds aux sinistrés. Elle fait ressortir que la police a dû faire appel aux responsables locaux de l’opposition pour se rendre à Canal-Dayot et apaiser la colère des résidents. Ces derniers, qui occupaient l’artère principale, réclamaient que les personnes responsables, c’est-à-dire des ministres, viennent sur place pour leur demander ce qu’ils comptent faire pour résoudre leurs problèmes. Veda Baloomoody a aussi abondé dans le même sens quelques minutes plus tard.
« Nous nous sommes rendus sur les lieux et avons demandé de se calmer », ajoute Dorine Cheekuree. Elle assure que chaque jour de la semaine qui a suivi, l’équipe du Remake était sur le terrain auprès des sinistrés qui se trouvaient dans différents quartiers de Port-Louis.
L’adjointe au lord-maire rejette les critiques selon lesquelles l’administration municipale a négligé le nettoyage des drains. Elle rappelle que la trésorerie de la mairie avait accusé à la fin du mandat 2012 un déficit de Rs 64 millions. « Le ministère des Finances avait promis qu’il nous remettrait une somme de Rs 34 millions. Nous avons soumis nos projets au ministère des Administrations régionales et une bonne partie de la somme promise devait être allouée à l’installation et l’entretien des drains. Mais la promesse ne s’est jamais matérialisée », explique-t-elle.
Pour Arianne Navarre-Marie, il y a actuellement une avalanche de scandales dans le pays. La députée mauve trouve également que l’on n’a plus le sens des valeurs et ne respecte plus les aînés. Elle considère que la situation devient de plus en plus dramatique. Elle qualifie d’horrible qu’en l’espace de quelques heures, trois personnes âgées avaient été violentées, au point où l’une d’elles n’a pas survécu aux mutilations subies.
Le meeting d’hier a aussi été marqué par la présence d’Ahmad Jeewa qui n’a pas été tendre envers des travaillistes qu’il a qualifié de « jouisseurs ».
Par ailleurs, l’intervenant a parlé, entre autres, de Bimla Ramloll, alias Mme Kaba, une ancienne conseillère travailliste à la municipalité de Quatre-Bornes. Celle-ci avait été interpellée à Flic-en-Flac avec une grosse somme d’argent sur elle, était soupçonnée d’avoir pris des pots-de-vin pour allouer des étals à la foire de la ville et est aujourd’hui mêlée au scandale financier de la compagnie Sunkai. M. Jeewa a aussi critiqué les transfuges qui ont quitté le MMM et le MSM, n’épargnant pas celui qu’il appelle « marsan linet ».
Ce meeting a aussi permis à Danielle Selvon, une des dernières recrues du MSM, à faire son baptême dans l’art oratoire.