« Nous attendons avec impatience les élections municipales, renvoyées à deux reprises. Nous espérons que la démocratie ne continuera pas à être bafouée ! ». Propos de la députée mauve, Françoise Labelle, lors d’une rencontre de la Commission des Femmes du MMM avec la presse hier pour présenter le nouveau comité exécutif. La présidente de cette commission, Lysie Ribot, a pour sa part fortement regretté que « les ministères soient fermés à des propositions et actions fermes » au regard de la violence dans notre société, problème qui « s’amplifie ».
Abordant la question des municipales, Françoise Labelle a dit apprécier la nouvelle loi au niveau des collectivités locales permettant à chacun des deux genres d’être représenté dans un arrondissement. La députée mauve a toutefois regretté qu’une pareille loi n’ait pas été appliquée pour les législatives en vue d’assurer qu’il y a au moins une femme et un homme dans chaque circonscription.
« Nous avons raté l’occasion, l’an dernier, de marquer l’Histoire. » Françoise Labelle a dit espérer que tel soit le cas lors de la prochaine réforme électorale. Parlant au nom des membres féminins du MMM, elle a soutenu que « nous sommes prêtes à participer activement à la municipale. Nous pensons pouvoir apporter une amélioration ».
La députée, Lysie Ribot, a de son côté axé son intervention sur la violence qui va croissant dans le pays. Elle a ainsi cité le cas d’un garçon de 11 ans qui a mis fin à ses jours à la suite du suicide de son père. Après avoir observé une minute de silence en mémoire de ce jeune, la présidente de la commission féminine du MMM a posé cette question : « Cet enfant, qui a été témoin de la mort de son père dans des conditions tristes, ne devrait-il pas, à un moment donné, avoir reçu une assistance psychologique ? » Elle a plaidé pour que les autorités apportent un soutien psychologique à la mère et aux quatre autres enfants afin de pouvoir gérer ce double deuil. Et, par ricochet, le même soutien à d’autres familles qui vivent de tels drames. Mais, « malerezman, enkor enn foi, apre lamor latizann ».
Selon la parlementaire, il est temps pour les autorités d’arrêter de dire que les cas diminuent pour se donner bonne conscience. Il est temps, poursuit Lysie Ribot, d’agir. Cela, non pas à travers l’organisation de séminaires ou autres déclarations d’intention ou encore « se taper l’estomac en disant que le plan d’action mis en place est un succès ». Il s’agit plutôt, avance-t-elle, « d’accepter que les choses vont mal, amener une vraie prise de conscience de la population. Plaçons cette question de violence beyond party politics ».
Lysie Ribot a d’autre part suggéré que les autorités s’ouvrent aux aides venant d’ONG, de groupes sociaux, religieux et autres. De plus il importe, à son sens, d’introduire l’enseignement des valeurs humaines et du civisme à l’école, de réintroduire les éducateurs de rue et de former davantage de travailleurs sociaux et de psychologues.
Selon la présidente, la Commission a été « choquée » de lire dans une interview d’une psychologue dans un hebdomadaire que les ministres de la Femme et des Droits de la Famille et de la Santé n’aient pas répondu à la proposition d’aide d’un groupe de psychologues. Ceux-ci, « qui ont de l’expérience sur le terrain », ont proposé à travers un rapport préparé depuis septembre 2010, un programme pour le bien-être de l’enfant, programme déjà en pratique dans 60 écoles primaires à Maurice et à Rodrigues et adopté par 28 pays. « Ils n’ont eu qu’une rencontre avec des membres de la CDU (Child Development Unit) … » Ces psychologues, ajoute-t-elle, « sont même disposés à aider la CDU qui manque de personnel. Un exemple parmi d’autres où les ministères sont fermés à des propositions fermes ».
Lysie Ribot a annoncé une liste de domaines dans lesquels la Commission compte agir cette année : aider les familles à mieux gérer la cherté de la vie, combattre la compétition malsaine dans les écoles, travailler à l’augmentation et à la formation du personnel de la CDU, aider à introduire l’éducation sexuelle, le civisme et les valeurs humaines à l’école et s’engager pour une vraie représentativité des femmes en politique.
Jenny Mootealloo, vice-présidente de la Commission, a de son côté abordé le taux « alarmant de cancer » dans le pays touchant surtout les femmes, notamment le cancer du sein, du col de l’utérus. Des 5 566 cas de cancer recensés dernièrement, souligne-t-elle, 2 283 concernent des femmes. D’où, « l’urgence des mesures ».
La vice-présidente a relevé une grande lacune : un seul centre de radiothérapie – l’Hôpital de Candos – pour quelque 120 patients qui viennent au quotidien suivre des traitements. « Les dames qui y vont se plaignent des mauvais services, soins et accueils. Certains patients reçoivent leur traitement sur des chaises. On peut qualifier ce centre de “centre de déprime”. De plus, il y a un seul oncologue et le plus souvent ce sont des généralistes qui suivent les patients. » Elle a plaidé pour plus d’appareils afin d’effectuer des mammographies, le pays en disposant seulement neuf.
Jenny Mootealloo a déploré en outre l’absence de vaccins gratuits contre le cancer du col de l’utérus qui coûte plus de Rs 4 000. Si la question a été abordée en 2006 au Parlement, « en novembre dernier, Lysie Ribot a soulevé cette question à nouveau à l’Assemblée nationale. Le ministre de tutelle a répondu que le rapport n’est pas prêt. Le temps passe, des femmes sont décédées et on est toujours à décider si on doit proposer des vaccins ou pas ». Elle recommande au plus vite la décentralisation de l’hôpital de Candos, des équipements adéquats, un personnel soignant spécialisé. « Les parlementaires mauves s’assureront que ces mesures soient réalisées. »
Le nouveau comité exécutif est comme suit : Lysie Ribot (présidente), Jenny Mootealloo (vice-présidente), Sherylle Rayapen, (secrétaire), Sheila Ramgoolam (assistante-secrétaire).