Notre invité de ce dimanche est M. Mohamed Ait-Aarab, maître de conférences à l’Université de La Réunion, et par ailleurs Second grand maître du Grand Orient de France. C’est à ce titre que M. Ait-Aarab vient d’effectuer un séjour à Maurice dans le cadre des célébrations du 240e anniversaire de la Loge de la Triple Espérance. Mercredi dernier, il a répondu à nos questions sur le GODF et l’actualité sociale à La Réunion et dans le monde.

Vous vous appelez Mohamed Ait-Aarab, un nom qui étonne pour un franc maçon, quand on sait que les rapports entre la franc-maçonnerie et l’islam sont loin d’être au beau fixe, pour ne pas dire antagonistes.

– Mais cela démontre l’universalisme de la franc-maçonnerie. On a l’habitude aujourd’hui de raisonner selon l’islam wahhabite. Or, si on regarde son histoire, l’islam a eu de grandes périodes, dont celle que l’anthropologue Malek Chebel appelle l’islam des lumières. Et je reprends Averroès, un des penseurs les plus importants du onzième siècle — un Andalou dont le nom musulman est Abü al-Walid ibn Ruchd  —  qui explique dans son ouvrage majeur qu’il n’y a aucune opposition entre la foi et la philosophie. Cela veut dire que je peux très bien aller au temple, à la mosquée, à la synagogue ou à l’église, donc avoir la foi et porter, en même temps, un regard critique sur le monde qui m’entoure. Pour Averroès, philosophie et religion ne sont pas incompatibles. Ce qui les rend incompatibles, ce sont les théologiens. On peut très bien reprendre son discours du onzième siècle aujourd’hui : c’est-à-dire que vous avez des imams influencés par l’islam wahhabite qui vous expliquent la charia et les autres dogmes selon leur interprétation personnelle. Or, dans le texte originel la charia veut dire « le chemin », et nous, francs-maçons, que faisons-nous ? Nous empruntons un chemin initiatique pour nous permettre d’être dans la société des citoyens, des époux, des pères de famille meilleurs. Donc, il n’y a absolument pas opposition entre l’islam et la franc-maçonnerie : on peut très bien être musulman et frère en même temps.

Cela est accepté dans tout l’islam ?

– Certes, aux yeux d’un pur et dur, je ne suis pas un bon musulman, je suis un mécréant. Les religions sont ce que les hommes en ont fait, et notamment l’islam d’aujourd’hui, un lieu de la contrainte. La religion – dont l’étymologie signifie « relier les gens », – ce n’est pas ça. On a détourné la religion, qui est « un lieu d’élévation spirituel » pour en faire une entreprise de petits boutiquiers qui se croient autorisés à diriger les autres.

l Mais malheureusement la grande majorité de musulmans suit, je reprends votre expression, cette philosophie de petits boutiquiers…

– Non pas la majorité des musulmans qui est silencieuse et, malheureusement, ne s’exprime pas en laissant une minorité active se faire entendre. Or, aujourd’hui, cette minorité qui prétend s’exprimer au nom d’un milliard et demi de musulmans est une minorité qui a détourné les valeurs de l’islam. Mais à côté de cela, il existe l’islam qui n’a pas détourné les valeurs, pour qui la religion est un cheminement qui permet à l’homme de s’améliorer. C’est exactement ce que dit la franc-maçonnerie : aller vers un idéal de perfectionnement avec des hommes et des femmes plus éclairés.

Iriez-vous jusqu’à dire qu’en entrant dans la franc-maçonnerie, vous n’avez fait que poursuivre le chemin commencé avec l’islam ?

– Pour moi, ce sont deux cheminements parallèles, donc pas opposés. Je trouve mon compte aussi bien dans l’islam soufi, dans lequel je me reconnais plus que dans l’islam saoudien.

Vous êtes né au Maroc, avez été élevé en France et vivez depuis vingt ans à La Réunion. Quel parcours !

– Mon père, d’origine berbère, a quitté le Maroc dans les années 1960 pour la France où j’ai été élevé et où je suis devenu ce que je suis grâce à l’école de la République sans autant renier mes origines. Dans les années 1990, la France, tolérante et accueillante de mon enfance, était en train de changer et le Front national faisait des scores extraordinaires aux élections locales. Je me suis dit que je ne pouvais élever mes enfants dans ce climat de rejet et de haine de l’autre. J’étais prof à l’université et j’ai demandé un poste à Tahiti où j’ai passé six ans. Là-bas, j’ai rencontré plein de Réunionnais qui m’ont invité à venir à La Réunion où je vis et où j’enseigne depuis vingt ans.

Pourquoi êtes-vous entré dans la franc-maçonnerie ?

– En ce qui me concerne, je suis arrivé en loge à trente-cinq ans. J’étais enseignant universitaire, marié, deux enfants, gagnant bien ma vie et je commence à me poser des questions sur la vie et l’existence. J’habitais à Nice. Je suis allé à une conférence publique donnée par la GLNF, le sujet m’a passionné, j’ai demandé mon admission et suivi les procédures pour devenir frère.

Vous êtes aujourd’hui le Second grand maître du Grand Orient de France. Le parcours pour arriver à cette étape a été facile ? Est-ce qu’il y a autant de difficultés que pour faire son chemin dans une société avec obstacles, croc en jambes et coups fourrés ?

– Il faut vouloir suivre le parcours comme il se doit. Ensuite, il n’y a pas ce que vous avez décrit, parce que nous sommes tous des bénévoles. Quand vous êtes comme moi au sein du Conseil de l’Ordre de l’obédience – notre conseil d’administration en quelque sorte -, vous n’êtes pas payé et devez vous débrouiller avec votre emploi du temps professionnel. Vous êtes simplement défrayé des frais pour représenter l’obédience et votre mandat est de trois ans…

Mais le titre peut parfois représenter beaucoup plus qu’un salaire, des gens se battraient pour l’obtenir. 

– Certes, ça peut faire gonfler les ego, mais ça ne marche pas en franc-maçonnerie. D’abord, ce sont vos frères qui vous élisent et dans mon cas ce sont des frères d’une des dix-sept régions, la Zéro trois, qui comprend toutes les loges extérieures à la France, c’est-à-dire soixante-douze loges sur les cinq continents. J’ai été élu et j’arrive à la fin de mon mandat de trois ans. Chez nous, on ne peut que faire deux mandats de trois ans et entre il faut passer une période de rémission. Il y a dans les loges un symbole très important qui devrait faire réfléchir les politiques : quand vous êtes vénérable d’une loge, le mandat est de trois ans. Après vous occupez la fonction la plus modeste, celle du Couvreur, c’est-à-dire le concierge qui ouvre et ferme la porte pour les autres. On passe du statut de celui qui préside les réunions à celui qui occupe la fonction la plus humble. Et rien que ça vous enseigne l’humilité et vous rappelle que la porte d’entrée est toujours très proche de la porte de sortie.

Au sein du GODF, vous êtes actuellement responsable du dossier Le monde et vous vivez à La Réunion où les “gilets jaunes” manifestent contre la politique gouvernementale, avec beaucoup plus de force que partout ailleurs en France. Qu’est-ce qui explique cette force ?

– La ministre Girardin l’a dit l’autre soir en arrivant à La Réunion : « Je viens dans une île où les inégalités sociales sont les plus fortes de tout l’outremer français. » Avant que le président Macron ne supprime l’impôt sur la fortune, La Réunion avait le triste record d’être le département où il y avait le plus de payeurs de l’ISF, donc des fortunes colossales, et le plus de gens bénéficiant des allocations sociales. On ne peut construire une société juste, équilibrée, harmonieuse quand vous avez de telles inégalités. Il faut comprendre la désespérance de ces personnes, hommes et femmes, qui sont sur les barrages à La Réunion. Ce ne sont pas des militants politiques, mais des personnes, souvent très modestes, qui manifestant contre la taxe sur le carburant qui est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Pour comprendre ces gens, il faut citer trois chiffres. Un : 42 % de la population réunionnaise, qui compte 860 000 habitants, vivent sous le seuil de pauvreté. Deux : le taux de chômage de la population active est de 28 %. Trois : le taux de chômage chez les jeunes de 18 à 25 ans est de plus de 60 %. Ces trois chiffres résument la désespérance des Réunionnais qui sont sur les barricades.

Mais La Réunion est connue pour être un des départements français d’outre-mer où le taux des allocations sociales est très élevé et à travers lesquelles l’Etat compense le chômage…

– Quelles que soient les allocations qu’on donne à un chômeur, on ne lui donne pas la dignité acquise par le travail. Les allocations, aussi nécessaires soient-elles, ne sont pas synonymes de cette dignité dont on a besoin pour vivre. Nous vivons en France une situation économique difficile, alors que vous, à Maurice, avez un taux de croissance de 3 %  et la solidarité doit s’imposer plus que jamais. Oui, les allocations sont versées à La Réunion, mais quand vous avez dix-huit, vingt ans et que la seule perspective qui vous est proposée c’est le RSA, ce n’est pas possible. Il faut comprendre les raisons de la colère des “gilets jaunes” à La Réunion. On ne peut pas construire sa vie sur les allocations chômage et les aides sociales, on a envie de rentrer chez soi le soir avec la dignité de celui qui a gagné son repas à la sueur de son front pour permettre à sa famille de bien-vivre. On ne construit pas une société uniquement sur les aides sociales.

Donc, ce qui se passe à La Réunion était prévisible ? La situation ne pouvait qu’exploser ?

– Bien sûr, et les femmes et les hommes politiques le disent depuis longtemps, parce qu’ils sont conscients des enjeux. Cela fait plus de dix ans que des politiques disent : il faut qu’on soit très prudent, nous sommes sur un volcan et heureusement qu’il y a les mécanismes d’aide sociale qui permettent d’amortir la chute et, surtout,, nous avons la chance d’avoir à La Réunion des liens familiaux encore extrêmement forts. On n’est pas encore dans cette société hyper individualiste qu’on connaît en France et en Europe. La famille reste encore un relais pour vous aider quand vous n’avez plus de quoi manger. C’est pourquoi, malgré les chiffres très alarmants, La Réunion a tenu le coup.

Qu’est-ce qui explique alors la récente explosion avec les “gilets jaunes” ?

– Nous sommes sans doute arrivés à un seuil d’exaspération intolérable qui fait qu’aujourd’hui les gens veulent que ça change.

Ce même sentiment se retrouve en France et dans beaucoup de pays à travers la planète où les signes de nervosité sociale se manifestent…

– Il est tout à fait légitime de monter une entreprise, qui donne du travail et de vouloir en tirer profit:  ça c’est le capitalisme à visage humain. Mais, aujourd’hui, nous sommes dans une ère de libéralisme débridé. Le PDG de Renault et Nissan se retrouve en prison parce que, malgré son salaire astronomique, il a tenté de faire des fraudes pour gagner plus. Autrefois, quand l’information était cantonnée dans les cercles du pouvoir, on n’en aurait rien su. Aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, tout se sait et contribue à dire qu’on ne peut plus continuer comme ça. On ne peut plus continuer avec ce libéralisme débridé qui à la fois tue la planète et les hommes pour le profit d’une minorité qui s’enrichit plus que de raison.

Vous ne voyez pas de sortie de crise en France ?

– J’espère que le président Macron va prendre la parole, parce qu’il a été élu par les Français et qu’il est important qu’il leur parle et qu’il trace des voies de sortie de crise. Nous, francs-maçons, pensons que rien ne se résout par l’épreuve de force. Nous avons, dans nos loges, un système de prise de parole qui fait qu’il ne peut pas avoir de conflit, parce que nous pratiquons le dialogue avant tout. Nous pouvons être philosophiquement, religieusement, politiquement et idéologiquement aux antipodes les uns des autres, mais nous nous écoutons mutuellement et essayons de nous mettre à la place de notre interlocuteur. Nous pensons que la vérité ne peut pas être détenue par un individu, mais dans un entre-deux d’échanges.

l Mme Christine Lagarde, la patronne du FMI, disait mercredi que le monde était entré dans l’ère de la violence. Votre commentaire ?

– Est-ce que le FMI qui, par des plans d’ajustements structurels, a mis certains pays dans des situations catastrophiques, est l’institution la mieux placée pour donner des leçons ? En tout cas, il y a une violence physique, mais surtout une violence symbolique qui s’exerce sur des individus et celle-là est aussi extrêmement forte et tout aussi meurtrière.

Est-ce que le schéma que vous avez décrit pour les Réunionnais est aussi valable pour la France dans son ensemble ?

– Pas uniquement en France. On assiste actuellement à ce phénomène né dans l’Amérique de Ronald Reagan où les gens avaient du travail tout en restant pauvres. C’est ce qui se passe aujourd’hui en France : les gens qui travaillent n’arrivent pas à joindre les deux bouts. Nous, francs-maçons, n’arrivons pas à comprendre comment quelqu’un qui travaille n’arrive pas à vivre décemment et dignement.

Les Etats-Unis sont pratiquement en guerre contre la Chine et l’Europe. La Russie et la Géorgie ont dépassé le stade de déclarations belliqueuses, le populisme et les nationalismes sont en train de prendre le pouvoir un peu partout et la crise migratoire provoque des réactions de rejets de l’autre. Est-ce que dans ce monde la parole des francs-maçons que vous portez peut être entendue ?

– Elle est plus que jamais nécessaire, mais qu’elle soit entendue est une autre question. C’est l’histoire des sociétés humaines, nous sommes dans un moment critique avec la montée des nationalismes.

Ne sommes nous pas arrivés dans un moment précis que certains ont qualifié de la fin d’une civilisation, la nôtre ?

– Non. Nous, francs-maçons, avons une bonne dose d’utopie et croyons-en l’homme. Nous sommes dans un moment de l’histoire extrêmement critique avec les nationalismes, le rejet de l’autre, l’enfermement sur soi, entre autres. Mais le recul critique que nous donne l’étude de l’Histoire nous permet de voir qu’il y a eu d’autres moments critiques dans le passé. Certes, la situation est difficile, certes la voix de la maçonnerie a des difficultés à se faire entendre dans le brouhaha médiatique actuel, mais ce n’est pas une raison pour baisser les bras, au contraire. Je crois que le monde tel qu’il est a, plus que jamais, besoin des valeurs maçonniques. Je pense même que la maçonnerie est l’avenir de l’humanité, parce que si nous existons depuis trois siècles, ce n’est pas par hasard. Cela veut dire que notre message est toujours d’actualité.

Mais vous n’êtes plus au sein du pouvoir, vous ne dirigez plus les gouvernements comme ça été le cas pendant de nombreuses années, notamment en France. Il n’y a plus de secret maçonnique ?

– Vous savez, les francs-maçons maîtres du monde, c’est un cliché de journalistes ! Il est vrai qu’à un moment donné, en France, pendant la Troisième République, les cabinets ministériels étaient peuplés de francs-maçons et un certain nombre de lois étaient les fruits de la réflexion des loges. Mais l’objectif de la franc-maçonnerie n’est pas d’avoir un levier sur la politique, nous sommes là pour réfléchir et faire des propositions dans le but d’améliorer la qualité de la vie des citoyens. La particularité du GODF, par rapport aux autres loges, c’est que nous pouvons parler de la politique, puisque nous sommes des citoyens engagés dans une voie pour améliorer la vie. Le seul secret en maçonnerie est celui de l’initiation que le frère va vivre et garder à l’intérieur de son cœur, son esprit et sa mémoire. Comment il est passé du statut de profane à celui de maçon, c’est ça le secret de l’initié. Tout le reste est ouvert, a fait l’objet de livres, d’articles de presse et même, aujourd’hui, de documentaires à la télévision. Nous ne sommes pas des dominateurs du monde, mais des hommes et des femmes comme les autres.

Vous êtes à Maurice pour célébrer les 240 ans de l’implantation de la GODF à Maurice avec l’ouverture de la Loge de la Triple Espérance. Est-ce que cet anniversaire a une portée symbolique maçonnique ?

– C’est un chiffre rond. 240 ans, ça veut dire que quand dans certaines régions françaises on était dans l’obscurité, il y avait une petite île à 10 000 kilomètres de Paris qui connaissait la franc-maçonnerie, ce rassemblement d’hommes et de femmes de bonne volonté qui, au-delà des appartenances culturelles et sociales, se réunissaient dans un projet totalement utopique, surtout au moment où l’esclavage existait encore, pour  essayer de construire une société plus fraternelle. C’est important de marquer cet évènement par la Triple Espérance qui est une des plus anciennes loges du Grand Orient, ce n’est pas anodin.

Après cette interview, vous avez rendez-vous avec le Premier ministre. En quoi cette rencontre est importante pour le GODF ?

– Il est d’usage que dans le pays où se déplacent le Grand Maître ou ses adjoints, ils rendent une visite protocolaire, qui n’a rien de politique, aux autorités du pays.

Pour quelles raisons est-ce qu’un jeune devrait aujourd’hui entrer dans la franc-maçonnerie ?

– Il devrait d’abord bien réfléchir et se demander pourquoi il veut franchir ce pas et quelles sont ses motivations. Si ses motivations sont de l’ordre d’un cheminement intellectuel, spirituel, moral, d’un perfectionnement individuel, à ce moment-là, le jeune est le bienvenu. Si c’est pour d’autres raisons, pour se tisser un réseau d’influences, etc., non. Généralement, les gens qui entrent chez nous pour de mauvaises raisons partent très vite. Parce que quand vous êtes apprenti, vous êtes astreint au silence pendant un certain temps, parce que nous considérons qu’avant de pouvoir prendre la parole, il faut savoir écouter l’autre. S’il est animé de ce désir, le jeune est le bienvenu, si c’est pour d’autres raisons, il y a plein d’autres officines qui l’attendent.

Je termine en revenant à la première question : le fait d’être musulman pratiquant et franc-maçon ne vous pose personnellement aucun problème ?

– Aucun, parce que, comme je vous le disais, c’est une double spiritualité qui se conjugue parfaitement, sans antagonisme. Je respecte un certain nombre d’interdits alimentaires, ce qui ne m’empêche pas d’être avec mes frères maçons et de manger ensemble. Le frère boit son verre de vin, moi mon verre d’eau et nous trinquons ensemble. Les tenants de l’anti-maçonnerie disent que nous sommes une secte. Ce n’est pas vrai, nous sommes le contraire d’une secte. Dans une secte ou dans un système sectaire, on peut y entrer comme dans un moulin, mais, par contre, le jour où vous voulez sortir, c’est très difficile, car on vous prend votre argent, on vous coupe de votre famille, de vos amis, on vous lobotomise. La franc-maçonnerie est exactement l’inverse : il faut du temps pour y entrer à cause des procédures, mais si demain vous êtes membre d’une loge et voulez la quitter, il suffit d’une simple lettre de démission.