À quelques mètres de Plaine Magnien et de la plage de La Cambuse, Mon Désert est un petit village calme et paisible. Loin de l’autoroute et du stress, quelques habitants y vivent toujours, même si le hameau est condamné à disparaître. Scope a visité cette localité où des gens accueillants ont pris le temps de nous accompagner pour une visite guidée.

La beauté d’une plage sauvage

À Mon Désert, le climat est très doux. Entre brise légère et soleil de plomb, le village où les avions volent à basse altitude jouit d’une tranquillité sans pareille. À midi à peine, il n’y a plus personne dans les rues, hormis quelques femmes laboureurs dans les champs et les camions qui font le va-et-vient vers l’usine de fabrication de matériaux de construction à Plaine Magnien.

Bordé de champs de cannes et de quelques rares maisons construites par l’usine Mon Trésor Mon Désert, le village a pendant de très longues années vécu au rythme de la propriété sucrière.

Souvenirs d’enfance.

Aujourd’hui, il ne reste plus grand monde. La plupart des habitants ont quitté le lieu après la fermeture de l’usine et avoir eu un lopin de terre. “Avant, il y avait au moins 500 personnes qui habitaient le village. Il ne reste que quelques maisons”, confie Bélinda Phoebi, ancienne habitante de Mon Désert. Au fil des années, l’usine a été laissée à l’abandon. Il ne reste que la grande cheminée et quelques vieilleries.

“Il y avait une boutique qui s’appelait Coopérative. C’était enn ti-laboutik sinwa. Elle a été détruite, il y a quatre ans. Il y avait aussi un club construit par la propriété Mon Trésor Mon Désert pour célébrer les fêtes. Il n’y a plus grand-chose qui reste”, dit Sylvano Bachelier, 27 ans. Il a vécu à Mon Désert pendant plus de dix ans. Malgré les difficultés, Sylvano Bachelier est heureux d’avoir grandi au sein de ce hameau. “Je vis à Plaine Magnien, mais je viens toujours ici pour me ressourcer. J’aime bien la tranquillité qui y règne.” Il garde de beaux souvenirs de son enfance passée dans ce village. Il nous raconte l’un de ses souvenirs les plus marquants. “Avec mes amis, nous avons passé énormément de temps à nager dans ce bassin. C’était notre piscine.” Le bassin se situe à quelques mètres de l’usine, entre le terrain de football et les champs de cannes.

Le village est menacé de disparition. Le groupe Omnicane, anciennement Mon Trésor Mon Désert, envisage de mettre sur pied une smart city dans cette localité. Un lieu où les gens pourront à la fois vivre, travailler et se divertir.

Calme et sympathique.

Vivre dans une région éloignée, cela a aussi des inconvénients. “Les habitants ont droit à un autobus toutes les heures. Cela n’a pas changé avec le temps, sauf qu’ils peuvent maintenant compter sur les taxi-maron, dit Bélinda Phoebi, qui habite aujourd’hui Plaine Magnien. “Il n’y a que les bus de Curepipe et de Mahébourg qui passent. Pour les autres trajets, il faut se rendre à Plaine Magnien ou à Mahébourg.”

La Chapelle La Sainte-Famille

Nous nous dirigeons vers La Cambuse, à quelques kilomètres des vieilles maisons et de l’usine. Une plage magnifique où on peut se requinquer lorsqu’il fait chaud ou pour se reposer. Le bruit des vagues et des éclaboussures d’eau de mer sont au rendez-vous. Le paysage a su garder son aspect sauvage. La plage est magnifiquement belle. Toutefois, une partie de cette plage pourrait être inaccessible au public à cause d’un projet hôtelier. “Il est dommage que dans quelques années, nous serons privés de cette plage”, dit Sylvano Bachelier.

Sylvano Bachelier

“Nous sommes heureux que la presse parle à nouveau de notre village. D’ici quelques années, il ne restera plus rien. Les quelques rares habitants devront partir d’ici un mois. Pour nous, ce fut une joie d’y vivre, même si le village est loin de tout.” Les souvenirs du passé sont gravés à jamais dans le cœur de ceux qui ont vécu au sein de cet endroit calme et sympathique.