Un accord-cadre est en préparation au niveau du ministère de l’Agro-industrie pour la conservation de la biodiversité « sur les flancs de la montagne du Morne ». Une action conjointe, qui sera menée en collaboration avec le Morne Heritage Trust Fund(MHTF), une fois que l’accès à la montagne, site mauricien classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco, sera possible, fait ressortir l’État dans son State of Conservation Report (SoCR) de 2016 et repris par le centre du patrimoine mondial dans son rapport, à la suite de la mission de février 2016 à Maurice.
Dans son SoCR (2016), le MHTF fait état de l’importance de la biodiversité du paysage culturel du Morne, un composant essentiel de ce patrimoine mondial et qui est reconnu par l’ICOMOS également. Selon ce rapport, il y existe une flore et une faune très riches, dont 75 des 700 espèces de plantes indigènes de Maurice sont endémiques à la montagne. La forêt primaire de Maurice – dont une partie est “lowland dry forest” (0-200 m), “intermediate semi-dry” (200-500 m) et “sub-humid forest” – compte 349 hectares situés dans la “core zone”. Y existent un certain nombre d’espèces de la faune native et exotique de Maurice, comme des oiseaux, des insectes, des reptiles et des mammifères.
Le SoCR 2016 souligne qu’un accord-cadre est en préparation pour la gestion conjointe du site dans le cadre des travaux pour la conservation de la biodiversité « at the flanks of le Morne Brabant mountain » et « will be implemented as soon as access to the plateau is finalized ». Une information que relève la mission conjointe du comité du patrimoine mondial et de l’ICOMOS, qui était à Maurice en février 2016, et que le World Heritage centre (WHC) et ses “advisory bodies 2016” soulignent dans leurs rapports sur le site. Sollicité par Le Mauricien, un préposé du ministère de l’Agro-industrie a confirmé que « cet accord-cadre est toujours en préparation ».
Dans son SoCR, l’État, à travers le MHTF, note que les principales préoccupations concernent la présence de plantes invasives, qui entraînent le déclin des espèces natives et l’élevage de cerfs, « une activité économique saisonnière » à Maurice. Le travail de conservation consistera à les enlever et à clôturer l’espace devant être protégé pour permettre la régénération de la forêt native. Il note qu’en ce qu’il s’agit de l’élevage de cerfs : « The State party has put in place strict enforcement to ensure the balance between deer ranching and forest regeneration. The State party will continue to monitor and evaluate this aspect. »
L’État prend aussi l’engagement d’accorder plus d’argent à la conservation dès que possible et estime qu’il faut qu’il y ait un Conservation Officer, détenteur d’une licence en microbiologie, attaché en permanence au lieu. Les autorités estiment également important d’avoir une pépinière pour la reproduction des plantes natives et pour poursuivre le « in-situ conservation programmes of endangered plan species », point qui est étudié par le gouvernement à travers l’identification d’un terrain pour l’aménager.
Autant de projets donc que l’État entame dans l’objectif aussi de faire face aux effets du changement climatique, du fait des sécheresses que ce dernier entraîne, et qui affecte la forêt native. Il est aussi souligné que davantage de travaux de recherches sont envisagés afin de comprendre l’écosystème de la montagne et développer des méthodes de conservations adaptées.
Par ailleurs, dans son rapport 2015 concernant l’état de conservation du site, l’Etat affirme : « The biodiversity conservation and rehabilitation works on the summit of Le Morne Mountain has been put at a halt due to another court case issue related to cable car project by Innovative Leisure Ltd. The Morne Heritage trust Fund was advised to temporarily not to use the current heliâd on the mountain efected by the promoter for the proposed project due to the prevalent court case. This therefore renders consevervation works impossible on the mountain as the helipad is the only structure to enable helicopter landing on the mountain summit. » L’État précise que les travaux de conservation de la biodiversité se sont néanmoins poursuivis « on the lower level of the mountain ».