La saison 2014 débute mal, très mal même pour le Mauritius Turf Club. Alors que la direction de ce club est toujours scindée en deux, maintenant c’est la mort d’un cheval, en l’occurrence, Slinga Malinga dans son box, qui vient semer les troubles au sein du Club. En effet,  L’écurie Allet a eu le malheur de perdre un de ses pensionnaires, Slinga Malinga, mercredi dernier dans des conditions atroces à la suite d’un incendie qui s’est éclaté dans le box du cheval en conséquence d’une défaillance d’un ventilateur.
La mort du cheval s’est produite dans l’enceinte de l’écurie Serge Henry où avait été transféré Slinga Malinga vu que les locaux de l’établissement Allet sont en complète réaménagement. Selon les premières indications, c’est en raison d’un mauvais fonctionnement du ventilateur — probablement  surchauffé et qui n’aurait pas été éteint à l’heure convenue—  dans le box du cheval, le feu s’est répandu dans sa litière. L’animal, pris de peur, aurait cogné sa tête contre le mur et il n’a pas survécu à ses blessures.
La nouvelle presque 12h après
Un incident qui ne vient pas à point nommé pour le MTC en plein tiraillement entre la direction du Club et ses membres. D’autant que les circonstances réelles de l’incendie ne pourront être déterminées qu’après une enquête que le MTC a décidé d’instituer après que le propriétaire du cheval, Brian Glover, a fait la demande après avoir appris le décès de Slinga Malinga presque 12 heures après par la voix de l’entraîneur Vincent Allet et non par le MTC.
Slinga Malinga, rappelons-le, est arrivé à Maurice en 2011 pour le compte de l’écurie Maigrot avant de passer chez Allet. Ce coursier de 6 ans était venu à Maurice certes avec quelques petits problèmes  en Afrique du Sud, mais avec un “High Merit” ayant battu en deux fois Splash Gold, qui peu après a fait une carrière à Dubai. Il va sans dire que la mort de Slinga Malinga, dont Brian Glover possède une part majoritaire avec Ben Padayachy, touche profondément l’homme de loi. Ce coursier s’est imposé en deux occasions la saison dernière. C’était ses deux seules victoires enregistrées à Maurice.
Être informé
«Le plus dur a été d’annoncer la triste nouvelle à mes enfants qui étaient très attachés à Slinga Malinga. La première chose que j’ai faite a été de demander à un quotidien de retirer de son site internet une photo de mon cheval mort dans son box. Je ne voulais absolument pas que mes enfants voient cette photo. Puis, dans la foulée,  j’ai écrit une lettre au MTC pour qu’une enquête soit ouverte et de m’informer de ceux qui font cette enquête. Puis j’ai demandé que le rapport de cette enquête me soit communiqué avec les causes et les circonstances de la mort de Slinga Malinga et aussi les noms des témoins de l’enquête», a expliqué hier matin Brian Glover à Week-End.
Mais déjà, les choses sont très mal engagées, car le propriétaire de Slinga Malinga déplore le fait que personne au Mauritius Turf Club n’a daigné  lui «passer un coup de téléphone» pour l’informer de l’incident dont a été victime son cheval. Il aura fallu que l’entraîneur Vincent Allet soit en communication avec lui dans la soirée de mercredi pour qu’il apprend la triste nouvelle. «Je déplore cette démarche qui existe au MTC de se dédouaner de tout», évoque-t-il à Week-End. En effet, pour l’heure, des faits troublants ont surgi déjà dans ce dossier.
Un système d’alerte défectueux?
Comme par exemple un système d’alerte aux feux dans le box du cheval qui n’aurait pas fonctionné ou qui n’existerait pas. C’est donc à l’enquête, dont les membres ne pourraient être nommés que ce mardi par le board des commissaires, d’en déterminer. D’autant qu’on évoque chez certains propriétaires depuis mercredi «les largesses du MTC» sur l’achat d’année après année des équipements de sécurité alors qu’un incident dans un box « qui aurait pu avoir des conséquences plus graves» n’a pu être contrôlé.Toutefois, selon les informations qui circulent déjà, ce serait un chef palefrenier d’une autre écurie qui aurait donné l’alerte après avoir constaté aux alentours de 15h de la fumée sortir des écuries de Serge Henry, alors que le MTC affirme le contraire (voir hors texte). Si tel est le cas où était le service de sécurité du MTC dans l’après-midi de ce tragique mercredi.
Là encore, rien n’est certain, par contre ce qui est certain c’est que ce mercredi après l’incendie, beaucoup de personnes ont eu accès à la scène du délit dont la compagnie qui commercialise le ventilateur à la base de la mort de Slinga Malinga. Alors qu’aucun matériel entourant l’incident n’aurait été sécurisé aux fins de l’enquête.
Mais comme au MTC on a l’habitude d’enquêter sur soi-même,il ne faudrait pas trouver étrange que les conclusions de l’enquête ne trouvent rien à redire ou ne peut situer les responsabilités dans la mort de Slinga Malinga. Un peu comme cela a été le cas pour Chamarel et les soirées «sponsorisées» du président de la Chambre des commissaires des courses, Ian Paterson.