Le Mouvement Patriotique s’est exprimé hier sur le projet de Nine-Year Basic Continuous Education. Pour Joe Lesjongard, ce sujet concerne tout le monde au-delà de la considération politique. Tout en reconnaissant la nécessité de réformer et de « réussir là où d’autres ont échoué », le mouvement est d’avis que des éclaircissements sont nécessaires. Notamment, sur la question de la compétition, du contrôle continu et de la mixité.
Joe Lesjongard a d’emblée souligné que cette position découle d’une consultation élargie avec les professionnels du secteur et du conseil national du parti. La réforme de l’éducation est une nécessité « pour l’avenir de nos enfants et du pays », reconnaît Joe Lesjongard. Ainsi, le MP soutiendra toute réforme qui permettra tout projet qui permettra d’éliminer la compétition à outrance et favorisera l’épanouissement des enfants.
Toutefois, les grandes lignes présentées par la ministre Leela Devi Dookun-Luchoomun ne sont pas claires à ce sujet. « À notre avis, il faut des éclaircissements. Il y a plusieurs zones d’ombre. Je souhaite que le ministre continue les consultations pour les éclaircir. Autrement, la réforme est vouée à l’échec. »
Joe Lesjongard dit souhaiter que la ministre réussisse sa réforme, car ses prédécesseurs n’y sont pas parvenus. « Pour cela, il faut pouvoir impliquer tous les partenaires et créer une synergie. »
Pour le MP, les inquiétudes se situent au niveau des différents examens que comprend le projet de réforme. « On va éliminer le CPE, mais on a ajouté un autre examen en Form III (Grade 9). Si on ajoute le SC et le HSC, cela fera quatre examens important en tout. »
Dans ce contexte, ajoute-t-il, les leçons particulières vont prendre davantage d’ampleur. Idem pour l’admission en Grade 7 (Form I). De même, le concept « Centre of Excellence » encouragera davantage la compétition, dit-il. Joe Lesjongard souhaite que le ministère puisse mettre tous les collèges sur un pied d’égalité pour éliminer ce problème. Il invite aussi à revoir le ratio prof-élèves. La question de la mixité, selon lui, requiert une réflexion profonde et doit être bien planifiée.
Par ailleurs, le Mouvement Patriotique trouve dommage que la réforme n’ait pu déterminer les moyens pour lutter contre les problèmes affectant la vie scolaire. L’absentéisme, l’indiscipline, la violence, l’alcool et la drogue sont autant de sujets qui méritent une attention particulière, selon lui. De même, le préscolaire et la special needs education n’ont pas été abordés, dit-il. « Il est important que les enfants aient une bonne base dès le préscolaire et les enfants à besoins spéciaux ne doivent pas être laissés sur la touche. »
Le parti est d’avis qu’il ne faudrait pas se presser pour appliquer la réforme en 2017, rappelant également qu’un jugement du Privy Council par le passé avait mis l’accent sur un préavis de deux ans. « À notre avis il ne faut pas se presser. Le plus important est que cela réussisse. À trop vouloir se presser on risque de se retrouver devant un échec. »
De son côté, Alan Ganoo a tenu à répondre aux attaques de Paul Bérenger contre sa personne lors d’une interview radiophonique. Il a argué que ce n’était pas lui qui voulait l’alliance avec le Ptr, mais Bérenger lui-même. « C’est lui qui avait rédigé de ses mains les premières conditions d’accord avec le parti travailliste. »