Le comité de politique monétaire de la Banque centrale a maintenu hier le taux directeur à 4,65% par an. Selon Pierre Dinan, membre du MPC, cette décision a été prise en tenant en ligne de compte les facteurs extérieurs, c’est-à-dire la situation économique sur les principaux marchés américains, européens et des pays émergents, le fait que le taux de la croissance cette année, estimé 3,7%, sera en deçà des prévisions et le maintien du taux d’inflation à un niveau raisonnable de 1,5%.
La décision de maintenir le taux directeur à son niveau actuel a été prise à l’unanimité. Le comité a noté que le taux de croissance économique au niveau international est modéré. Selon les estimations du Fonds monétaire international, il sera de 3,3% pour cette année. Comme devait l’expliquer Pierre Dinan, la croissance économique en Chine connaît un ralentissement. C’est également le cas pour les pays émergents et les pays en développement. Par ailleurs, alors qu’aux États- Unis « les choses vont mieux », en Europe, la situation a été affectée par ce qui se passe en Grèce et les politiques monétaires divergentes dans la région. Les incertitudes au niveau international affectent automatiquement les prévisions de croissance et ont aussi un effet sur l’investissement. « The MPC raised concerns about the heightened market volatility stemming from the slowdown in emerging markets, particularly China, the uncertainties caused by the Greek crisis in the Eurozone and divrerging monetary policies across regions. »
S’agissant de la croissance économique à Maurice, le MPC observe que Statistic Mauritiue a revisé ses prévisions de croissance de 4,1% à 3,8% alors que la Banque de Maurice a revisé ses prévisions à 3,7%. Il estime que la reprise graduelle sur les principaux marchés d’exportations mauriciens et la mise en oeuvre des principaux projets d’investissements auront un impact positif sur l’économie. Concernant l’inflation, le MPC constate qu’elle tournera autour de 1,5% en 2015 avant de passer à 3% l’année prochaine. Les membres du MPC constatent que la dépréciation de la roupie n’a pas eu d’impact négatif sur le coût de la vie sur le plan local.
Le gouverneur de la Banque centrale, Ramesh Basant Roi, a fait part de sa satisfaction d’avoir réussi à éponger Rs 20 milliards d’excès de liquidités, ce qui a contribué à maintenir le taux d’inflation à un niveau raisonnable. « Nous avions initialement prévu de le faire en une année, mais nous avons finalement réussi à le faire en six mois. » Il estime de même que le New Management Policy Framework, qui est actuellement mis en place, sera mieux en mesure de soutenir la politique financière du pays.
Répondant aux questions de la presse, Ramesh Basant Roi a reconnu que les investissements locaux tardent à se concrétiser. Il a d’autre part estimé que les Mauriciens devraient « éviter de vivre au-dessus de leurs moyens ». S’agissant de la ligne de crédit de Rs 3,5 milliards mise à la disposition du National Property Fund, créé dans le sillage de l’affaire BAI, il a expliqué que ce montant sera remboursé à la Banque centrale à terme. Il a d’autre part fait comprendre que des institutions financières indiennes et chinoises ont manifesté leur intention de s’installer à Maurice.