Elle ne s’est jamais figée, la ravanne. Ni dans l’espace ni dans le temps. Son histoire n’a jamais été entièrement racontée et ses secrets ont à peine été explorés. Ernest Wiehe était convaincu qu’elle pouvait être intégrée à un orchestre symphonique.
À Rodrigues, alors que le tambour marque toujours le rythme du folklore des anciens, les plus jeunes l’associent au slam pour déclamer et danser. Aux Seychelles, les battements du moutia font toujours partie du paysage. Norwell Ernesta en est fier; l’instrument y est toujours vivant. À Maurice, elle ne s’arrête pas aux festivités. Le daf accompagne la prière des musulmans; chez les tamouls, le tapu fait partie de la tradition musicale.
Évolution.
Marclaine Antoine se souvient comment la ravanne a eu pendant longtemps un rôle prépondérant dans la société. Aujourd’hui, bien que certaines coutumes se perdent, Daniella Bastien croit néanmoins qu’elle peut se projeter dans l’avenir. Elle réclame que l’instrument soit scientifiquement étudié. Kerwin Castel rappelle, lui, sa dimension pédagogique. Rien de compliqué au niveau de l’apprentissage : on commence simplement par laisser jouer, avant de donner des noms aux frappes et de situer les notes.
Elle a évolué la ravanne. Elle s’est professionnalisée et continue à se libérer des blocages. Pour Fanfan, elle est comme une “35” que l’on tient délicatement entre les mains : belle et sensuelle. Devant la table de son atelier, Michel Legris en parle toujours avec le même sourire heureux.
Richesse.
Samedi soir, à l’IFM, la voix de Menwar a conté la dimension spirituelle et symbolique de ce cercle recouvert de peau. La Ravanne racontée par Menwar, documentaire réalisé par In-Out Productions, a été projeté, en attendant sa distribution l’année prochaine. Pour ce film, le dompteur de peau est allé à la rencontre d’autres témoins afin d’exposer la richesse de cet instrument magnifique et mystérieux.
La soirée s’est poursuivie au rythme de Menwar.