« Le lancement du National Drug Control Master Plan 2019-2023 est une très bonne chose. Nous l’attendions depuis longtemps. Mais des réajustements devront être considérés ». Des ONG – telles que le Centre de Solidarité, PILS ou encore le Collectif Urgence Toxida (CUT) – abondent dans le même sens.

Le nouveau rapport rendu public à l’ouverture de la 29e rencontre des Heads of National Drug Law Enforcement Agencies Africa (HONLAF), à Balaclava, le lundi 16 septembre, devrait permettre aux ONG et aux différentes institutions comprises dans la lutte contre la drogue de coordonner leurs actions.

Edley Jaymangal, directeur du Centre Solidarité, qui oeuvre pour la réhabilitation des toxicomanes, fait état d’une « hausse significative » dans le nombre d’admission au centre concernant l’héroïne et la drogue de synthèse. Il déplore le « budget minime » alloué au secteur de la réhabilitation.

Même s’il se réjouit du lancement du nouveau Master Plan, sur « lequel nous avons travaillé à la préparation », le directeur du centre insiste sur le fait qu’« il faudra maintenant rester à cheval sur toute la partie implémentation ».

L’engagement à l’échelle nationale de toutes les parties prenantes dans la lutte contre la drogue constitue un des aspects « positifs » du Master Plan, qualifient les ONG.

Réhabilitation.

Kunal Naik, directeur de plaidoyer de PILS, attend avec impatience l’implémentation du programme mais déplore le manque de certaines recommandations du rapport Lam Shang Leen sur la drogue.

« Placer les consommateurs de drogue en réhabilitation au lieu des les condamner à la prison est une des recommandations que nous avions faites. Mais elle ne se trouve pas dans le rapport », regrette-t-il. Il plaide pour un débat dépassionné autour du cannabis et s’inquiète de l’usage du Crystal Meth, plus fréquent désormais à Maurice.

Il fait également état d’un rapport visant à encourager des actions coordonnées parmi les ONG pour mieux aborder le problème de drogue dans le pays.

Les ressources « minimes » allouées à la réhabilitation, à la prévention ou encore à la réduction de risques en comparaison à celles allouées au secteur de la répression doivent être révisées, estime Kunal Naik.

Pour le président de CUT, Danny Philippe « ce Master Plan est une bonne chose car nous avons travaillé trop longtemps sans un plan directeur ».

Avec le rajeunissement et la féminisation de la consommation et du trafic de drogue, le financement attribué à la prévention, la réhabilitation et la réduction des risques devrait être réajusté, selon Danny Philippe.

Le président de CUT relève que le fléau de la drogue prend de l’ampleur et qu’une prévalence devrait effectuée afin d’identifier la source du problème avec efficacité car « nou pa kapav travay dans apepre ».