Le National Youth Civic Service (NYCS), lancé officiellement par le ministère de la Jeunesse et des Sports le 8 février à Vacoas, vise à offrir des formations aux jeunes âgés de 17 à 25 ans sur une durée de 18 semaines dans les centres de jeunesse de Bambous, Flacq, Floréal, Pamplemousses, Helvetia, Rivière-du-Rempart, Rose-Belle, Rivière-du-Rempart, Trèfles et Souillac.

Le ministère de tutelle, en collaboration avec le Human Development Research Council (HRDC), a déboursé environ Rs 29 millions pour ce projet. « L’objectif est de former les jeunes, de leur donner confiance en eux, d’accroître leurs compétences, de forger leur caractère et d’optimiser leurs chances sur le marché du travail », explique Virginie Neptune-Marius, Senior Youth Officer affectée au centre de jeunesse de Rose-Belle.

Dans un premier temps, environ 500 jeunes seront formés. Ce sont des officiels du ministère de la Jeunesse et des Sports, ayant eux aussi bénéficié d’une formation, qui ont la responsabilité des jeunes. Les sujets qui seront abordés pendant la durée des sessions de formation sont : “Developping a character that will give them more confidence in what they will be engaged in the future”; “Developing the analytical and creativity skills for business development, about helping others and the community as a whole through valuable actions”.

Le Mauricien s’est rendu au centre de jeunesse de Rose-Belle pour assister à une séance de travail qui a duré environ deux heures avec des jeunes venant de Bambous-Virieux, Cité La Chaux, Mahébourg, Grand-Port, Mare-Tabac, Saint-Hubert et Rose-Belle. Ce sont des jeunes qui ont déjà quitté l’école et qui attendent les résultats avant d’entamer des études plus poussées dans différents domaines ou entrer sur le marché du travail.

« Les jeunes sont très réguliers depuis le début des sessions de formation en février. Ils sont à l’aise dans des programmes axés sur des sujets tels que la peine de peine à Maurice, le port des uniformes à l’école, par exemple. Ils sont très impliqués dans l’élaboration et la mise en œuvre de programmes adressés à eux. Il y a beaucoup qui étaient timides au départ pour intervenir lors des débats, mais ils ont commencé à donner leurs points sur la peine de mort. Les échanges entre jeunes de diverses régions après les heures de formation sont plus fréquents. »

Selon Ananda Valaydon, un autre Senior Youth officer, les jeunes arrivent à communiquer plus facilement. « Nous ne pouvons pas prétendre que nous avons réussi ou dire que nous avons réussi dans notre mission qui nous a été confiée, mais chaque semaine qui passe, on sent qu’il y a de grands liens d’amitié qui se développent. Il y a le partage d’expérience, cette soif d’apprendre, ce désir de promouvoir les valeurs morales, une conscience civique et un sens de patriotisme chez ces jeunes. Notre jeunesse à d’énormes potentiels. Il suffit de créer cet espace et de leur donner la possibilité de prouver de quoi ils sont capables », dira Ananda Valaydon.

Les témoignages de quelques participantes 

Lekhna Chamrali, habitante de Mahébourg et ex-élève du collège Queen Elizabeth, n’en est pas à sa première expérience dans le social. Elle faisait partie d’un groupe de jeunes. « Je n’ai pas hésité un seul instant lorsque j’ai appris que le ministère de la Jeunesse allait organiser cette session de formation. Cela m’a permis de développer un “self awareness”. Par exemple, je ne savais pas qu’une élève qui échoue doit obligatoirement poursuivre ses études. » Lekhna, qui aspire à devenir avocat, encourage les jeunes à se faire enregistrer dans leur localité pour profiter de cette opportunité. « Ils ne vont pas être déçus », rassure-t-elle.

Sheila Ramkissoon est originaire du village de Mare-Tabac et se passionne pour la photographie. Elle a été impressionnée par le niveau des débats sur les thèmes au programme. « Le niveau est très élevé. Cela va nous inciter à nous documenter davantage avant d’entrer dans la profession dans laquelle nous pensons faire carrière. »

Christabelle Jean-Charles qui vient de la Cité-La-Chaux, Mahébourg, était de nature très timide. « Mo pa ti ankor dekouver mo bann kalite », avoue-t-elle en toute humilité. « Zordi li mem met pli lanbians dan kour. Kan li pa vini ou trist », témoignent Sheila et Luknag, ses deux nouvelles amies qui l’encouragent à devenir animatrice « car elle a beaucoup de talent pour faire ce métier. » Emma Surjun du village de Rose-Belle est, elle, très intéressée à faire du travail social. « Bann animater National Youth Civic Service finn fer dekouver bocou kitsoz ki mo pa ti kone e ki mo capav met an pratik pli tar », dit-elle.