« En ce soir de Noël, que le souvenir de ce Dieu d’amour, de miséricorde et de justice nous pousse à libérer nos familles de toute forme de violence et d’agression ». C’est en substance ce qu’a plaidé l’évêque de Maurice et archevêque de l’océan Indien, Mgr Ian Ernest, hier dans son message de Noël. Il a dit sa tristesse de la présence de la violence dans nombre de familles qui n’est « pas suffisamment dénoncée car la peur nous domine ». Pour le chef de l’Église anglicane à Maurice, « nous ne pouvons être complices de cette culture de silence ». Il a mis en relief le pouvoir du souvenir de la naissance de Jésus, « porteuse d’espoir et d’espérance ». « Si Dieu a pu agir dans la vie de Marie et de Joseph, il peut aussi agir dans nos vies ».
« Le mariage n’est pas un club d’endurance. C’est une institution sacrée qui devrait être un lieu de joie, d’amour et de respect mutuel ». Le problème de violence au sein des familles semble cette année préoccuper l’évêque de Maurice au plus haut point. Chiffres à l’appui, il cite le Brésil qui, en trente ans, a vu la mort de 92 000 femmes à l’intérieur de leurs maisons. « Les statistiques de ce pays démontrent aussi que toutes les 15 secondes une femme est agressée – 65% par leurs conjoints », relève l’évêque. Si la situation à Maurice semble s’être assainie – « il y a eu une baisse considérable de l’ordre de 43 % entre 2011 et 2012 en ce qu’il s’agit de violence et d’agression dans les familles », il serait bon, à son avis, « que tout ceci sorte au grand jour pour que nous arrivions tous ensemble à faire quelque chose contre ce terrible abus ». Pour Mgr Ian Ernest, la violence domestique « est une épidémie globale et nous hésitons à en parler ».
Dans une de ces campagnes de conscientisation, devait-il rappeler, « le diocèse Anglican de Melbourne a fait mettre sur les panneaux publicitaires : “Respect for women is one of the greatest gifts a father can show to a son” ».
La Parole de Dieu, poursuit-il, invite maris, femmes et enfants, « par le souvenir d’un Dieu qui intervient, à faire un plaidoyer pour qu’il y ait des familles aimantes et attentionnées pour produire une société stable et épanouissante à Maurice et dans le monde ».
Profitant de ce jour où les chrétiens se remémorent la naissance de Jésus, « fête de l’intervention divine dans nos vies », Mgr Ernest a lancé un appel aux Mauriciens à « mettre en place là où nous sommes, dans nos familles, dans nos lieux de culte, dans le milieu du travail, un projet d’activités pour la prévention contre la violence ».
Il a dit souhaiter que Noël « nous force à un changement radical dans nos vies ». Il a mis en avant le pouvoir du souvenir de l’intervention « d’un Dieu qui joue un rôle actif au creux des vies humaines et dans l’histoire de toute l’humanité ». Le vrai symbole rattaché à Noël, pour l’évêque de Maurice, est qu’à cette occasion, « nous nous rappelons que Dieu a choisi d’intervenir dans la vie d’un couple, Marie et Joseph et en ce faisant est intervenu dans la vie de tout un peuple sous la forme d’un petit enfant né dans un village obscur ». Pour Mgr Ernest, « si Dieu a pu agir dans la vie de Marie et de Joseph, il peut aussi agir dans nos vies, si Dieu en Jésus est venu au monde dans une étable il y a 2000 ans, il peut aujourd’hui être présent dans le chaos, dans la violence et dans l’incertitude du monde dans lequel nous vivons ».
Et d’ajouter : « Malgré nos imperfections et nos faiblesses, le souvenir qui retrace l’histoire de Noël nous rappelle que Dieu, comme il l’a fait chez Marie et Joseph, peut venir par son amour habiter dans nos coeurs, ces étables qui sont très souvent habitées par la peur, la violence, la haine et le manque de considération ».
« La fête de Noël nous rappelle donc que Dieu vient chez nous et qu’il nous apporte la puissance d’une paix qui renverse les valeurs du monde », estime Mgr Ernest, avant de conclure : « Dans les confusions de nos vies, de nos familles et de notre monde, rappelons-nous une chose : Dieu nous aime et désire demeurer dans nos coeurs comme il l’a fait 2000 ans de cela dans une étable ».