La Confédération des travailleurs du secteur privé (CTSP) est l’unique confédération syndicale du pays à avoir déposé devant le National Remuneration Board (NRB) dans le cadre de la révision de 14 Remuneration Regulations (RR) pour les travailleurs touchant un salaire mensuel de moins de Rs 6 500. C’est ce que révèle le rapport des recommandations du NRB rendu public le 31 décembre.
Le rapport des recommandations du NRB a été rendu public le 31 décembre. À la page 4, le NRB révèle que la CTSP (voir encadré) est l’unique confédération syndicale du pays à avoir soumis des propositions écrites dans le cadre de la révision de 14 RR pour les travailleurs touchant un salaire mensuel de moins de Rs 6 500. « By the due date representations were received from the CTSP only », peut-on y lire. Quelque 100 000 travailleurs sont concernés par la révision de ces 14 RR. Ils viennent des secteurs suivants : la boulangerie, le cinéma, l’emploi à domicile, l’exportation, les usines, les champs et les vergers, les ateliers (métaux et meubles), le bétail, les aides-soignants, les écoles préprimaires, les collèges privés, les salines, les travailleurs non agricoles de l’industrie sucrière et la plantation de thé.
Le rapport du NRB ajoute qu’il y a ensuite eu des audiences publiques et que, le 18 décembre dernier, les représentants de la CTSP sont venus déposer de vive voix (« viva voce ») avant d’être invités à élaborer sur leurs propositions écrites soumises. La fédération syndicale avait réclamé un salaire de base « de survie » de Rs 8 000 pour toutes les catégories de travailleurs à travers tous les secteurs d’activités économiques concernés. Pour soutenir sa demande, la CTSP s’était basée sur les salaires prescrits par les Office Attendants Remuneration Regulations, révisées en 2012. La CTSP réclamait en outre que les salaires des catégories similaires des travailleurs dans les divers secteurs soient alignés sur ceux des Office Attendants Remuneration Regulations et que la relativité des grades soit maintenue.
« Alors qu’il existe environ 350 syndicats, une demi-dizaine de fédérations syndicales et autant de confédérations syndicales à Maurice, il est chagrinant de constater qu’à part la CTSP, aucun autre syndicat, fédération syndicale ou confédération syndicale n’a déposé devant le NRB en faveur de ces 100 000 travailleurs concernés », a déploré au Mauricien le secrétaire de la CTSP Reeaz Chuttoo. Le syndicaliste ajoute que cette situation est d’autant plus « déplorable » que la grosse majorité de ces 100 000 travailleurs concernés ne sont pas syndiqués de par la précarité de leur emploi. « Ils ont besoin de ce travail et subissent des pressions pour ne pas se syndiquer. C’est là où se situe la responsabilité des syndicats. Ils ont le devoir de représenter ces travailleurs sans voix et de veiller au respect de leurs droits, que ces derniers soient membres ou pas de leur syndicat », soutient Reeaz Chuttoo.
« La CTSP a des membres par secteur, mais nous défendons tous ces travailleurs au niveau national. Par exemple, nous avons 2 000 membres venant du secteur de la construction, mais quand nous obtenons un avantage quelconque, ce sont les 40 000 employés de ce secteur qui en bénéficient », explique pour sa part la présidente de la CTSP, Jane Ragoo. « Maintenant que le rapport du NRB a été rendu public, espérons que les autres syndicats feront des contre-propositions comme attendu. Cela permettra de mieux faire entendre la voix de ces sans voix. C’est un devoir syndical sacré », a ajouté le syndicaliste.
En effet, le NRB attend de recevoir jusqu’au lundi 18 janvier à 15 h les contre-propositions à ces recommandations avant de rédiger son rapport final, qu’il soumettra au ministre du Travail Soodesh Callichurn avant la fin février.