“J’ai eu une ascension fulgurante à Week-End : à peine que j’avais été initié aux rudiments du métier de journaliste, Jacques Rivet me propulsa à la rédaction en chef de l’hebdo ! Allez, hop ! Jette-toi à l’eau ; si tu ne sais pas nager, apprends sur le parcours. Je n’avais pas d’autre choix que d’apprendre, non seulement à gérer la matière première qu’est l’information, mais le plus difficile, c’était de pouvoir gérer les mentalités, les arrières-pensées des uns et des autres, ces clans qui se formaient au gré des sensibilités, à la fois politiques et épidermiques. Et puis, un jour, il était écrit que l’aventure aurait une fin ! Elle aura quand même durée plus de 38 ans ! Comme on dirait, un bail !” écrivait Gérard Cateaux dans Le retour.

Durant ces années passées à Week-End, Gérard Cateaux a transformé cette “aventure” en l’histoire d’une vie qui a marqué le paysage de la presse locale et qui a touché ses milliers de lecteurs durant les années où il était le rédacteur-en-chef du dominical du Mauricien Ltée. Des décennies durant le rendez-vous hebdomadaire avec ses lecteurs prenait un caractère quasi sacré. Gérard Cateaux ayant la faculté d’être pointilleux dans ses opinions traitant des affaires du pays, de la région et de l’actualité internationale. Grand observateur d’une époque qu’il a vue évoluer, en costume ou en habits baba-cool, il incarnait en lui-même cette période de transformation qui avait pour hymne des grands airs du rock’n’roll et de la chanson française.

Gérard Cateaux, que nous avons rencontré et appris à connaître dans les couloirs de l’entreprise et dans ses bureaux successivement au deuxième et troisième étages, se gardait naturellement de faire étalage de son statut et de ses acquis. Personnage naturellement amical, il n’avaient pas besoin de se répéter le refrain des Anarchistes de Ferré pour mener sa douce révolution.

Aux plus jeunes, il avait toujours le ton juste, la patience, le bon conseil, la belle anecdote pour rappeler que le journalisme c’est avant tout une affaire de cœur, un engagement vis-à-vis de soi et des autres. Ceux qui, comme nous, l’ont côtoyé à l’aube de leurs carrières gardent certainement un souvenir précieux de ce professionnel qui savait être un bon complice pour contourner quelques règles pour nous aider à mieux avancer et à savoir célébrer la vie et l’amitié. Même si certaines des idées que nous défendions ne rejoignaient pas toujours ses convictions la liberté qu’il nous accordait dans son journal est celle-là même qui a permis à Week-End d’être toujours dans les premières lignes des grandes batailles menées pour l’avancement du pays et l’agrandissement du paysage démocratique.

Dimanche, c’est un grand homme, un mentor, un ami qui s’en est allé. Toute l’équipe de Scope remercie Gérard Cateaux et salue vivement sa mémoire.

Nos vives sympathies à ses enfants, à ses petits-enfants et à tous ceux affectés par ce départ.