Le cinéma Star du Caudan accueille une séance très spéciale le 10 mai prochain, à 20 h 30 : trois heures et quarante-cinq minutes d’images en haute définition et de son surround retransmis en direct du Metropolitan Opera de New York.
Si Joyce DiDonato se prend les pieds dans la traine de sa robe de princesse, les spectateurs pourront vivre simultanément ce drame, et vite se rassurer à l’idée qu’une cheville foulée ne peut en aucun cas atteindre tant d’impétuosité et de brillance vocale. Depuis le 21 avril, cette mezzo-soprano fait revivre le personnage de Cendrillon, sous la direction de Fabio Luisi, qui a succédé à James Levine, en tant que chef principal, depuis 2011 dans ce théâtre new-yorkais.
Joyce DiDonato est connue pour ses interprétations des compositions d’Haendel, de Mozart et Rossini dans lesquelles son charisme et sa pétulance continuent d’épater le public. La Cenerentola fait partie des rôles de prédilection qu’elle a interprétés dans les plus grands théâtres lyriques, mais elle le présente au Met pour la première fois de sa carrière, salle où elle a fait ses premiers pas il y a quelques années dans Les noces de Figaro.
Le casting comprend notamment les ténors Juan Diego Flórez et Javier Camarena qui se partagent le si sympathique prince charmant Don Ramiro ainsi qu’Alessandro Corbelli dans le rôle de Don Magnifico qui est dans la version lyrique le père des horribles cousines d’Angelina (Cendrillon), et Pietro Spagnoli dans celui de Dandini le valet du Prince qui se fera passer pour lui au deuxième acte, tandis que Luca Pisaroni est Alidoro, ce personnage du philosophe et tuteur du prince que Rossini et le librettiste Jacopo Ferretti ont créé pour remplacer la fée du conte de Perrault. Quant aux pimbêches qui traitent Cendrillon comme une souillon et lui font faire toutes les tâches ingrates, rappelons simplement qu’elles se nomment Clorinda et Tisbe.
Le chef italien Fabio Luisi a été chef d’opéra dans de nombreuses salles, en Allemagne notamment, avant de prendre la direction musicale de prestigieux théâtres à Vienne, en Suisse Romande puis à Dresde et Zürich. Il occupe les fonctions de chef principal au Met depuis trois ans, tout en assurant, depuis 2012, la direction musicale de l’Opéra et du Philharmonia de Zürich.
Les quelque 200 places du cinéma Star du Caudan risquent d’être vite achetées par les amateurs d’art lyrique mauriciens qui n’ont pas trouvé grand-chose à se mettre sous la dent depuis le charmant spectacle baroque Didon et Enée qui a été présenté l’an dernier à Rivière-Noire. Cette première retransmission en haute définitition de la Cenerentola en direct du Met devrait bien se passer si l’on en juge par la satisfaction affichée par la direction d’Opera Mauritius depuis les essais techniques qui ont eu lieu samedi dernier dans la salle du Caudan.
Cette première mauricienne, qui se tient samedi 10 mai à 20 h 30, commencera par un verre de l’amitié en attendant que la représentation ne commence à 20 h 55. Elle correspond en fait à la dernière représentation de la saison lyrique new-yorkaise du Lincoln centre, mais le fondateur d’Opera Mauritius annonce d’ores et déjà que des séances d’un autre type vont permettre de tout de même passer quelques bonnes soirées d’hiver au ciné lyrique grâce au « Digital Cinema package »… Cette formule également proposée par les grandes salles d’art lyrique permet de diffuser des enregistrements HD pendant toute l’intersaison en attendant la nouvelle programmation partir de septembre.
La diffusion en live haute définition a permis d’étendre considérablement le public des spectacles lyriques. Ainsi quand en 2012, cette technologie couvrait 54 pays (60 aujourd’hui avec Maurice), cela a permis à 165 000 spectateurs de voir Le crépuscule des Dieux à travers le monde, rapportant ainsi une recette record de US $1,8 au Met…