Le procès intenté à l’ex-Premier ministre Navin Ramgoolam ainsi qu’aux anciens Deputy Commissionner of Police Dev Jokhoo et Ravine Sooroojebally, dans le cadre de l’opération Lakaz Lerwa Lion au sujet des incidents survenus au bungalow de Roches-Noires dans la nuit du 2 au 3 juillet 2011, a repris ce matin. L’audition du témoin vedette, l’homme d’affaires Rakesh Gooljaury, se poursuit avec, à partir d’aujourd’hui, le contre-interrogatoire mené par Me Nargis Bundhun, qui assure la défense du DCP Sooroojebally, ancien patron de l’ADSU et de la VIPSU. En substance, le témoin maintient que ces deux hauts gradés de la police « étaient présents au bungalow » de l’ancien Premier ministre à Roches-Noires dans la nuit du 2 au 3 juillet 2011, soit au moment où Navin Ramgoolam racontait en détail les circonstances de son agression par un individu alors qu’il se trouvait en compagnie de Nandanee Soornack. L’audition du jour a également vu la fin du contre-interrogatoire de Me Gavin Glover, Senior Counsel, dont les services ont été retenus par Navin Ramgoolam.
Répondant aux questions de Me Bundhun, Rakesh Gooljaury est catégorique quant à la présence de Dev Jokhoo, directeur général du National Security Service, et de Ravine Sooroojebally lors de la nuit de l’agression alors que Navin Ramgoolam racontait ce qui s’était passé au moment de l’agression. L’avocate devait soutenir que ce témoin est « économe » concernant la vérité car à aucun moment dans sa déposition il n’avait fait état de ce détail. Le témoin est revenu à la charge en insistant sur le fait qu’il ne dit que « la vérité et rien que la vérité ». Il a ajouté qu’à aucun moment les enquêteurs de la police n’ont cru nécessaire de le faire participer à une reconstitution des faits.
Subséquemment, Me Bundhun devait faire état du refus de Rakesh Gooljaury de consigner un “Further Statement” de la police, notamment le sergent Ranmanarain en date du 23 avril 2012. Il aurait fait comprendre au policier qu’il n’avait « rien d’autre » à ajouter au sujet des incidents survenus dans le bungalow de Roches-Noires début juillet 2011. Il déclare ne pas se souvenir d’avoir parlé au téléphone avec ce sergent de police. Rakesh Gooljaury a révélé que l’ex-DCP Sooroojebally n’était pas présent quand il avait enregistré sa déposition le 3 juillet 2011.
« Apre le 3 ziliet, mo pann gagn okenn kontak ek DCP Sooroojebally », a ajouté Rakesh Gooljaury, qui a fait comprendre qu’il « n’a reçu aucune instruction de ce haut gradé de la police ». Les directives émanaient de Navin Ramgoolam et du DCP Jokhoo, a-t-il dit en substance.
Un autre volet du contre-interrogatoire de Me Bundhun était axé sur le divorce de Rakesh Gooljaury. L’avocate du DCP Sooroojebally a révélé que le témoin avait promis « une importante somme d’argent » pour mettre un terme à son mariage avec son ancienne épouse. « Ou ti kone ou pena kass. Ou ti kone ou pou gagn kass ek bann dimounn ki ou finn donn informasyon pou “restart” ou “business” », devait déclarer Me Bundhun avant que le témoin ne réponde : « Non, mo pa fer sa kalite travay-la mwa. » Le contre-interrogatoire se poursuit.
Navin Ramgoolam et les deux coaccusés, l’ancien directeur général du National Security Service, le Deputy Commissioner of Police Dev Jokhoo et l’ancien patron de la VIPSU, l’ex-DCP Ravine Sooroojebally, ont plaidé non coupable du délit de complot dans l’affaire Roches-Noires, où Navin Ramgoolam avait été agressé à coups de tournevis par un individu dans la nuit du 2 au 3 juillet 2011 en présence de Nandanee Soornack. Ils répondent d’une charge de “conspiracy to do an unlawful act, namely effecting public mischief in breach of Section 109 of the Criminal Code”.
Navin Ramgoolam est défendu par Me Gavin Glover, SC, sir Hamid Moollan, SC, ainsi que Mes Shawkat Oozeer et Hisham Oozeer. La défense de Ravine Sooroojebally, elle, est assurée par Me Nargis Bundhun et celle de Dev Jokhoo par Mes Mooloo Gujadhur, Kevin Luckeeram et Shyam Servansingh. La poursuite est pour sa part représentée par Mes Mohana Naidoo, Keshri Soochit et Jean-Michel Ah Sen.